Dakar, 02 mars (SL-INFO) – Tournant une page sur deux années de tensions diplomatiques, l’Inde et le Canada ont affiché leur volonté de relancer un partenariat mis à mal. En visite officielle à New Delhi, le Premier ministre canadien Mark Carney et son homologue indien Narendra Modi ont annoncé viser un accord de libre-échange d’ici la fin de l’année et ont conclu un accord majeur sur la fourniture d’uranium.
Ce rapprochement marque une étape décisive après une crise qui avait quasiment gelé les relations en 2023. Ottawa avait alors accusé le gouvernement Modi d’avoir orchestré une campagne contre des militants séparatistes sikhs au Canada, des allégations qualifiées d’« absurdes » par New Delhi qui avaient mené à des expulsions de diplomates et à la suspension des négociations commerciales. « Il ne s’agit pas simplement du renouvellement d’une relation. C’est l’expansion d’un partenariat précieux avec une ambition, une orientation et une vision nouvelles », a souligné M. Carney, qualifiant cette visite de nouveau départ.
Au cœur de cette relance se trouve l’ambition économique. Les deux dirigeants se sont engagés à finaliser un « partenariat économique global » avant la fin de l’année. L’objectif est de faire passer les échanges bilatéraux de près de 9 milliards de dollars en 2024-2025 à 50 milliards de dollars d’ici 2030. Un saut quantitatif qui témoigne de la volonté des deux pays de diversifier leurs partenaires commerciaux, notamment face aux incertitudes liées aux politiques tarifaires américaines.
Le volet stratégique n’est pas en reste. Un accord qualifié d’« historique » par Narendra Modi a été signé avec l’entreprise canadienne Cameco pour la fourniture à long terme d’uranium, un contrat évalué à 2,6 milliards de dollars. « Cet accord soutiendra les ambitions nucléaires de l’Inde et la transition vers une énergie propre et fiable », a précisé Mark Carney. La coopération s’étendra également à la construction de petits réacteurs modulaires, au renforcement des industries de défense et à la surveillance du domaine maritime.
Après une période de froid glacial, le pragmatisme économique et les intérêts géopolitiques communs semblent avoir définitivement réchauffé les relations entre les deux capitales, chacune cherchant à renforcer ses alliances au-delà de ses partenaires traditionnels.
