Dakar, 05 mars (SL-INFO) – . Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 5 mars 2026, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, a affirmé que les serviettes hygiéniques et les couches pour bébés de la marque ne présentent aucun risque sanitaire pour les consommateurs.

Cette sortie était très attendue après l’alerte lancée début décembre 2025 par l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP). L’agence avait alors évoqué la présence de matières premières périmées dans le circuit de fabrication de produits destinés aux nourrissons et aux femmes, provoquant une vive inquiétude au sein des familles. Un retrait des produits avait même été envisagé avant que l’ARP ne suspende sa décision dans l’attente d’investigations complémentaires.

Pour faire la lumière sur cette affaire, le ministère a ordonné une enquête approfondie menée par l’inspection interne, appuyée par un comité ad hoc interinstitutionnel. Ce comité était composé de représentants de l’Assemblée nationale, du ministère de la Santé ainsi que du ministère de l’Industrie et du Commerce. Les experts ont procédé à des analyses documentaires, des auditions et une visite minutieuse du site de production.

Selon les conclusions présentées par le Dr Ibrahima Sy, aucune preuve scientifique n’établit l’utilisation effective de matières premières périmées dans la fabrication des produits commercialisés. L’enquête indique notamment que la matière incriminée — un film en polyéthylène perforé — n’a pas été intégrée dans la chaîne de production en raison d’une différence de dimensions avec les matériaux actuellement utilisés. Les données de production et de commercialisation examinées ne montrent aucune trace de produits fabriqués à partir de ce lot obsolète.

Des manquements administratifs, mais aucun risque sanitaire

Le rapport reconnaît toutefois un manquement dans la gestion du stockage de l’entreprise, lié à la présence physique de matières périmées dans l’enceinte de l’usine. Néanmoins, leur utilisation frauduleuse n’a pas été prouvée.

Le ministre a également révélé que des analyses indépendantes, réalisées dans un laboratoire de référence en Allemagne, ont confirmé la conformité des produits Softcare aux standards internationaux. À ce jour, aucune alerte de matériovigilance ni aucune étude épidémiologique n’établit de lien entre ces produits et un quelconque risque sanitaire pour les usagers.

Les travaux du comité pointent plusieurs insuffisances majeures dans la procédure d’inspection de l’ARP. Le ministre a déploré l’absence de prélèvements d’échantillons au moment de l’alerte, des incohérences dans les rapports d’inspection et une décision de retrait jugée disproportionnée, car prise sans tests préalables sur les produits finis.

En conclusion, le ministre de la Santé a réaffirmé que les produits Softcare actuellement sur le marché sont sûrs. Il a toutefois souligné la nécessité de renforcer le cadre réglementaire encadrant l’inspection des produits d’hygiène au Sénégal afin d’éviter que l’émotion ne l’emporte sur la rigueur scientifique à l’avenir.

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