Dakar, 09 mars (SL-INFO) – Le Kenya fait face à une crise météorologique majeure depuis vendredi, marquée par des pluies torrentielles et des crues soudaines. L’ampleur des dégâts matériels et humains a poussé les plus hautes autorités de l’État à enclencher un plan de réponse national pour secourir les populations sinistrées.
Le bilan s’alourdit rapidement. Le ministre kényan de la Fonction publique et des Programmes spéciaux, Geoffrey Ruku, a indiqué dimanche que les autorités policières ont recensé au moins 42 décès à travers le pays. La capitale, Nairobi, est particulièrement touchée avec 26 morts confirmés. Les eaux de crue ont balayé les quartiers de basse altitude et les campements informels, submergeant les habitations et emportant des véhicules suite au débordement des rivières. Samedi, les secouristes étaient encore à l’œuvre pour extraire des corps pris au piège dans la capitale.
Les infrastructures de transport sont sévèrement impactées. Plusieurs routes sont inondées, paralysant les activités quotidiennes dans de nombreuses villes. Le secteur aérien n’est pas épargné : la compagnie nationale Kenya Airways a dû dérouter certains vols initialement prévus pour Nairobi vers la ville côtière de Mombasa.
Face à l’urgence, le président William Ruto a annoncé le déploiement d’une équipe d’intervention comprenant des soldats de l’armée pour coordonner les opérations de sauvetage. Au-delà de l’aide alimentaire qui sera immédiatement puisée dans les réserves stratégiques nationales, le chef de l’État a pris une mesure spécifique concernant les victimes nécessitant des soins. Le gouvernement kényan s’engage à régler l’intégralité des frais d’hospitalisation de toutes les personnes blessées ou affectées par ces inondations qui reçoivent actuellement des traitements dans les établissements de santé publics.
Cette catastrophe s’inscrit dans un contexte régional plus large, touchant également la Somalie et l’Éthiopie voisines. Les scientifiques soulignent que le réchauffement climatique aggrave ces phénomènes en Afrique de l’Est en concentrant les précipitations sur des périodes plus courtes et plus intenses. Une étude de la World Weather Attribution de 2024, dont les données sont relayées par Al Jazeera, révèle que le changement climatique a rendu ces pluies dévastatrices deux fois plus probables dans la région.
La Croix-Rouge kényane, par la voix de son porte-parole Munir Ahmed, a signalé que de vastes étendues de terres agricoles ont été détruites et appelle à une synergie d’action entre le gouvernement et les agences humanitaires pour faire face à la situation.
