Dakar, 10 mars (SL-INFO) – Alors que les familles espéraient une issue diplomatique imminente, le Parquet de Rabat et la partie civile ont décidé de faire appel du jugement condamnant les 18 supporters sénégalais. Ce rebondissement prolonge leur détention et suspend, de fait, toute possibilité de grâce royale immédiate, celle-ci ne pouvant porter que sur une condamnation définitive.
Selon Me Patrick Kabou, contacté par L’Observateur, ce recours traduit la volonté de fermeté des autorités marocaines. L’avocat explique que « le Parquet marocain s’aligne sur la loi 09-09, qui prévoit des peines beaucoup plus lourdes, de trois à cinq ans, pour sécuriser les infrastructures sportives en vue de la CAN et de la Coupe du Monde 2030 ». La défense, qui avait délibérément choisi de ne pas faire appel pour favoriser la médiation, avait pourtant anticipé cette éventualité en communiquant sur la lourdeur des premières peines, espérant ainsi « dissuader le ministère public de surenchérir ».
Au-delà de la stratégie sécuritaire, des facteurs sociaux et financiers pèsent également sur le dossier. Les policiers blessés lors des incidents contestent les réparations financières. « Les policiers estiment que les dommages-intérêts accordés, entre 65 000 et 130 000 FCFA, sont dérisoires au regard de l’incapacité de retravailler de certains agents », souligne Me Kabou. Par ailleurs, le ministère public marocain souhaite éviter tout sentiment d’impunité ou de traitement de faveur. Pour l’accusation, « il serait injuste que des ressortissants étrangers bénéficient de peines plus clémentes que des Marocains jugés pour des faits similaires de hooliganisme ».
Le Parquet vise ainsi, selon l’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias, à instaurer une politique de « tolérance zéro » face aux violences sportives à l’approche de l’audience cruciale du lundi 16 mars.
