Dakar, 13 mars (SL-INFO) – Un troisième missile tiré depuis l’Iran a été détruit par l’Otan dans l’espace aérien turc, a affirmé vendredi le ministère turc de la Défense dans un communiqué.
« Un missile balistique tiré d’Iran et entré dans l’espace aérien turc a été neutralisé par les éléments de défense aérienne et antimissile de l’OTAN déployés en Méditerranée orientale. Toutes les mesures nécessaires sont prises avec fermeté contre toutes les menaces visant le territoire et l’espace aérien turcs et des discussions sont en cours avec le pays concerné afin de clarifier tous les aspects de l’incident », a précisé le ministère.
Il s’agit du troisième missile tiré depuis l’Iran et visant la Turquie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Deux autres missiles avaient été interceptés par l’Otan lundi et la semaine dernière.
Des sirènes ont été entendues dans la nuit à la base aérienne d’Incirlik utilisée par l’Otan, dans la province d’Adana, située dans le sud-est de la Turquie, avait rapporté vendredi matin l’agence étatique turque Anadolu dans son édition en anglais sans préciser l’heure, ni fournir d’autres détails.
Des troupes américaines sont stationnées sur la base aérienne turque d’Incirlik, dans le cadre de l’Otan.
Les habitants d’Adana, qui se trouve à 10 kilomètres de la base, ont été réveillés à 03H25 (00H25 GMT) par des sirènes qui ont retenti pendant environ cinq minutes, selon le site d’information économique Ekonomim.
Un objet en flamme est vu en train de tomber dans le ciel et des sirènes sont entendues dans plusieurs vidéos partagées par des internautes sur les réseaux sociaux.
Selon le site d’information sur la défense SavunmaSanayiST, ces objets pourraient être « des fragments d’un troisième missile balistique » ou de l’intercepteur, qui se seraient consumés à son entrée dans l’atmosphère avant de retomber au sol.
Les médias locaux ont également signalé des sirènes à Batman, 600 kilomètres plus à l’est.
La Turquie a annoncé mardi qu’un système de défense antiaérien Patriot avait été déployé dans le centre du pays, au lendemain de l’interception par l’Otan d’un deuxième missile tiré depuis l’Iran.
Washington a fermé lundi son consulat général d’Adana et exhorté les citoyens américains à quitter la région.
Plus tard dans la journée, le président iranien Massoud Pezeshkian avait nié que le missile ait été tiré depuis l’Iran lors d’un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.
– Elément clé –
Depuis le début de la guerre, la Turquie était relativement épargnée par les missiles et les drones lancés par l’Iran visant plusieurs pays de la région dans le but de toucher des intérêts américains.
La base aérienne d’Incirlik est une installation importante de l’OTAN, utilisée par les troupes américaines depuis des décennies, mais qui accueille également des militaires d’autres pays, notamment espagnols et polonais, selon son site web officiel.
Des troupes américaines sont également stationnées à Kurecik, une autre base turque située dans la province centrale de Malatya. Cette base abrite un système radar d’alerte précoce que l’OTAN qualifie d’élément clé » de son bouclier antimissile et qui peut détecter les tirs de missiles iraniens.
Bien qu’Ankara ait catégoriquement nié que les données de ce radar aient jamais été utilisées pour aider Israël, sa présence inquiète Téhéran.
L’OTAN a détruit un premier missile le 4 mars, affirmant en avoir détécté le lancement, confirmé la trajectoire et l’avoir intercepté « en moins de 10 minutes ».
Le lendemain, elle a déclaré avoir renforcé son dispositif de défense antimissile balistique « à l’échelle de l’alliance », sans fournir de précisions.
