Dakar, 7 août (SL-INFO) – On compte désormais au moins 141 morts, tandis que des personnes sont toujours portées disparues, selon le dernier bilan de la crise migratoire de Ceuta établi par l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Ces chiffres sont bien supérieurs à ceux donnés par les autorités espagnoles ou marocaines jusqu’à présent. L’AMDH a dénoncé, lors d’une conférence de presse vendredi 7 août, la responsabilité de Rabat et de Madrid, accusant une gestion purement sécuritaire de la question migratoire et livrant sa vision  politique de la crise à Ceuta.

La tentative de migration irrégulière de dizaines de milliers de Marocains au péril de leur vie, dit l’association, révèle l’ampleur de leur désespoir et l’impasse sociale et  économique dans laquelle ils se trouvent plongés aujourd’hui. Cette crise repose sur des facteurs structurels : baisse du pouvoir d’achat, dégradation des services publics, difficultés dans l’éducation, la santé, le logement. L’État marocain a une responsabilité fondamentale qui ne peut être éludée, estime l’AMDH.

L’association a donc fourni un nouveau bilan revu à la hausse : au moins 141 personnes ont perdu la vie en essayant de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta. Elle affirme s’appuyer sur les données officielles, sur les médias et sur des éléments recueillis par les organisations de défense des droits humains. L’AMDH ne précise pas le nombre de disparus. Une source au sein de l’association a expliqué à RFI qu’il était tout simplement impossible de fournir même une estimation à ce stade.

Assurer la protection des mineurs présents à Ceuta

Pour l’AMDH, la responsabilité ne relève pas seulement du Maroc. Elle met en cause l’Espagne et plus largement l’Union européenne et sa politique d’externalisation du contrôle de leurs frontières qui réduit la question migratoire à l’aspect sécuritaire.

L’association appelle Bruxelles à favoriser des voies sûres, légales et dignes pour la migration. L’AMDH a réitéré aujourd’hui son appel à l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente. Elle demande enfin d’assurer la protection des mineurs toujours présents à Ceuta. Ils seraient plus d’un millier selon les chiffres officiels.

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