Dakar, 18 mars(SL-INFO) – Les élections primaires démocrates dans l’État de l’Illinois ont livré leurs verdicts, marquant une étape décisive en vue des scrutins de novembre aux États-Unis. Ces courses électorales ont été caractérisées par une injection massive de fonds provenant de divers groupes d’intérêts, notamment l’industrie de l’intelligence artificielle et des réseaux de lobbying, redessinant les équilibres politiques locaux avant l’affrontement national.
Le résultat le plus marquant de la soirée, rapporté par la chaîne Al Jazeera, concerne le poste de sénateur. La gouverneure adjointe de l’Illinois, Juliana Stratton, a remporté la primaire démocrate. Soutenue par le gouverneur JB Pritzker, elle a devancé dix autres prétendants, dont les représentants Raja Krishnamoorthi et Robin Kelly. Son programme électoral repose sur une augmentation du salaire minimum fédéral à 25 dollars de l’heure et sur l’abolition de l’agence fédérale de l’immigration et des douanes (ICE), dont les opérations de renvoi massif divisent l’électorat américain. « Le courage portera ce combat directement à la porte de Donald Trump », a-t-elle déclaré à l’issue de sa victoire.
Bien que le réseau d’influence américain pro-israélien AIPAC n’ait pas publiquement fait campagne pour elle, des dizaines de groupes qui lui sont affiliés ont financièrement soutenu la candidature de Juliana Stratton, qui s’est montrée favorable à Israël.
Dans le même temps, la bataille pour quatre sièges vacants à la Chambre des représentants a mis en évidence l’influence variable de ces mêmes groupes de pression. Les candidates soutenues par les lobbys pro-israéliens, Melissa Bean (8e district) et Donna Miller (2e district), ont remporté leurs élections. En revanche, le représentant d’État La Shawn Ford (7e district) et le maire d’Evanston, Daniel Biss (9e district), ont triomphé malgré l’opposition active de ces organisations.
Le revers le plus important pour ces groupes d’influence s’est produit dans le 9e district. Selon les données relayées par Al Jazeera, plus de 4 millions de dollars ont été dépensés pour soutenir la sénatrice d’État Laura Fine, et environ 1,4 million de dollars ont été mobilisés spécifiquement pour contrer Daniel Biss. Ce dernier, finalement vainqueur, a affirmé dans son discours de victoire que « le 9e district n’est pas à vendre ».
Ces résultats s’inscrivent dans une stratégie plus large du Parti démocrate, qui axe sa campagne sur le coût de la vie, en reprochant à Donald Trump son incapacité à freiner l’inflation touchant les produits de première nécessité, le carburant, la santé et la garde d’enfants. Avec une cote de popularité du président républicain établie à 39 % selon un récent sondage Reuters/Ipsos, les démocrates espèrent reprendre le contrôle de la Chambre des représentants, actuellement dominée par les républicains (218 sièges contre 214). La lutte pour le Sénat, où les républicains détiennent une majorité de 53 sièges contre 47, s’annonce plus serrée.
Une victoire démocrate dans les deux chambres imposerait de nouvelles limites aux politiques intérieure et étrangère de Donald Trump, des garde-fous largement absents jusqu’ici dans son second mandat, marqué par son approche belligérante envers l’Iran et l’Amérique latine, sa politique migratoire et sa guerre commerciale.
