Dakar, 24 mars(SL-INFO) – Au Sénégal, certaines dettes poussent comme des champignons… mais seulement quand il pleut à Londres. Il a fallu qu’un journal britannique éternue pour que Dakar découvre qu’il avait, entre deux cafés Touba, levé près de 430 milliards FCfa, contractés auprès de Africa Finance Corporation (AFC) et de First Abu Dhabi Bank (FAB). Discrétion olympique, communication minimaliste : on emprunte en silence, comme on marche pieds nus dans le salon de la transparence.

Rien d’illégal, rien d’exotique — des partenaires bien connus. Mais visiblement, plus familiers des initiés que du grand public sénégalais. L’opposition, elle, n’a pas tardé à sortir les vuvuzelas : « Dette cachée ! » clame-t-elle, pendant que le gouvernement ajuste ses lunettes pour répondre calmement : « Transactions normales. Circulez. » Normal, donc, d’emprunter sans tambour ni trompette.

À ce rythme, même les créanciers vont finir par prévenir les citoyens.

Officiellement, tout est carré. Plafonds respectés, lois de finances honorées, orthodoxie budgétaire intacte. Bref, un emprunt modèle… sauf pour le petit détail de l’information. Car si la dette n’est pas cachée, elle n’était pas non plus très bavarde. Une dette timide, presque pudique, qui préfère les coulisses aux projecteurs.

En tout cas, les Sénégalais découvrent qu’ils doivent de l’argent comme on apprend une rumeur — par surprise, et souvent de l’extérieur. Sans ce coup de projecteur venu d’ailleurs, ce silence aurait-il duré combien de temps ?

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