Dakar, 31 mars(SL-INFO)– Le Groupe international d’action contre le blanchissement d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a lancé une campagne de sensibilisation des médias sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Cette activité nationale organisée en simultanéité à Abuja et à Dakar vise à renforcer le partenariat entre les institutions et les médias pour lutter contre la criminalité financière.

L’objectif est d’améliorer la qualité du traitement médiatique des questions liées à la LBC/FT, mais aussi de renforcer l’impact des messages de sensibilisation auprès des populations aux risques liés à ces activités illicites.

 À l’ouverture des activités nationales de sensibilisation des médias à Dakar, le représentant du directeur général du GIABA, Timothy Melaye, a souligné l’importance du rôle des médias dans la prévention et la lutte contre la criminalité financière, saluant l’engagement des autorités sénégalaises en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance. 

«Le Sénégal s’est imposé comme un acteur de référence dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest. Sa sortie du processus de suivi renforcé du GAFI constitue un signal fort, traduisant des réformes profondes, des résultats concrets et une volonté politique sans équivoque », a-t-il déclaré.

Monsieur Melaye a indiqué que la prépondérance du secteur informel, la circulation importante des espèces, la sophistication croissante des mécanismes de blanchiment sont autant de défis à relever.

Il a aussi rappelé que l’évasion fiscale en Afrique est estimée à 88 milliards de dollars, soulignant la nécessité de prendre des mesures pour lutter contre les vingt-et-une infractions liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

Selon lui, le GIABA a fait du partenariat avec les médias un axe prioritaire de son action, tout en structurant un réseau régional de journalistes spécialisés pour renforcer les capacités des professionnels de l’information sur les enjeux liés à la LBC/FT.

Il a aussi invité les professionnels des médias à s’approprier ces enjeux et à contribuer activement à la construction d’un environnement plus transparent et plus résilient.

Pour sa part, le représentant du président de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), Alioune Niokhor Diouf, a souligné l’importance de la mobilisation de tous les acteurs publics et privés pour lutter contre ces menaces.

Il a appelé à un partenariat stratégique entre les acteurs du dispositif de LBC/FT et les médias pour renforcer leur rôle dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, soulignant que les médias sont des acteurs clés de la lutte contre la criminalité financière. 

«Les médias informent, expliquent et alertent sur les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Ils contribuent à façonner la perception collective des risques et aident à construire une culture de vigilance et d’intégrité », a-t-il indiqué.

Pour M. Diouf, les institutions de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme doivent agir, coopérer et préserver la confidentialité, pour ouvrir la voie aux acteurs des médias capables d’accompagner l’effort national et communautaire de sensibilisation. Des exigences qui se complètent et concourent à la crédibilité de l’action publique et à la confiance des citoyens.

Il a aussi fait savoir que le Sénégal a consenti des efforts significatifs pour renforcer son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *