Dakar, 17 avril (SL-INFO) – La France et le Royaume-Uni réunissent ce vendredi une quarantaine de nations au palais de l’Élysée. Cette rencontre de haut niveau vise à élaborer les plans d’une force maritime multinationale destinée à sécuriser un point de passage stratégique du commerce mondial, actuellement paralysé par un blocus.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer coprésident ces discussions réunissant entre 30 et 40 pays, en présentiel ou par visioconférence. Le chancelier allemand Friedrich Merz et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni ont fait le déplacement à Paris. L’objectif de cette concertation est de mettre sur pied l’« Initiative pour la liberté de navigation maritime dans le détroit d’Ormuz ».

La particularité de ce rassemblement réside dans l’absence délibérée des États-Unis. Emmanuel Macron a précisé que cette mission sera « strictement défensive » et exclusivement réservée aux pays non belligérants. Al Jazeera précise que cette mise à l’écart répond en partie aux déclarations de Donald Trump, qui a récemment qualifié les membres de l’OTAN de « lâches » et raillé les capacités navales britanniques.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole mondial, est fermé depuis que l’Iran y a imposé un blocus en réponse à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février dernier. La situation a été aggravée par le blocus instauré par les États-Unis sur les ports iraniens. Avant la rencontre, Keir Starmer a accusé l’Iran de « prendre l’économie mondiale en otage ». Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a pour sa part pointé des conséquences économiques « majeures », alors que plus de 20 000 marins sont bloqués sur des centaines de navires et que des pénuries menacent plusieurs secteurs.

Le déploiement de cette nouvelle force reste conditionné à la fin du conflit. Un responsable de la présidence française a souligné que l’opération nécessitera l’engagement de l’Iran à ne pas cibler les navires en transit, ainsi que la garantie de Washington de ne bloquer aucun bâtiment à l’entrée ou à la sortie du détroit.

Sur le plan opérationnel, les préparatifs militaires ont déjà débuté. Le Royaume-Uni étudie le déploiement de drones chasseurs de mines depuis le navire RFA Lyme Bay. La France a de son côté envoyé dans la région son porte-avions à propulsion nucléaire, un porte-hélicoptères et plusieurs frégates. Le porte-parole de l’armée française, le colonel Guillaume Vernet, a toutefois rappelé que la mission demeurait encore « en construction ».

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