Dakar, 20 avril(SL-INFO)- La crise couvait, elle éclate désormais au grand jour à la Fédération sénégalaise de football. Après une réunion particulièrement tendue du Comité exécutif (Comex), marquée par invectives et accusations, l’instance dirigeante du football sénégalais est plongée dans une zone de turbulences, sur fond de gestion controversée des primes liées à la CAN 2025.

« Ça va exploser. Il y a trop de problèmes », confie un membre du Comex, dans L’Obs, décrivant un climat interne délétère. L’unité affichée après le sacre des Lions vole en éclats, remplacée par une fronde structurée de seize membres dénonçant « l’opacité » dans la répartition des primes.

Une décision qui met le feu aux poudres

À l’origine de la crise : une décision attribuée au président Abdoulaye Fall, accusé d’avoir octroyé des primes à certains membres, y compris hors délégation officielle, sans validation du Comex. Une démarche jugée « illégale » par les contestataires.

« C’est un combat de principe. L’argent de la FSF doit être distribué de façon équitable et légale. Le président n’est pas un demi-dieu », martèle un frondeur. Et d’ajouter : « On ne peut pas installer un groupe privilégié sur un piédestal […] et lui verser des primes indues. »

Les 13 millions FCFA de la discorde

Au cœur du contentieux, une prime de 13 millions FCFA versée à certains responsables, dont des vice-présidents et membres de commissions. Une somme calculée sur les performances des Lions (2 millions par victoire, 1 million pour le nul face à la RDC), mais dont la légitimité est contestée.

« En son temps, Augustin Senghor sollicitait l’aval du Comex pour distribuer les primes, dans la transparence. Aujourd’hui, les critères sont obscurs », dénonce un membre du groupe contestataire.

Dialogue rompu et bras de fer engagé

Face à la situation, les frondeurs ont sollicité une audience avec le président. Une requête restée sans suite. Abdoulaye Fall les a renvoyés vers le secrétaire général Abdoulaye Saydou Sow, une réponse perçue comme un « manque de respect ».

« Nous refusons une audience de substitution », tranche un membre du groupe, dénonçant un « dialogue de sourds ».

Entre primes étatiques et gestion interne contestée

Dans ce climat tendu, une autre polémique alimente les frustrations. L’octroi, par le président Bassirou Diomaye Faye, d’une prime exceptionnelle de 50 millions FCFA à cinq membres de la FSF, tous issus de la délégation officielle.

Mais pour les contestataires, la question est ailleurs. « Si la solidarité doit primer, elle ne peut se faire au détriment de la transparence et de la légalité. »

D’autant que certains bénéficiaires auraient cumulé cette prime présidentielle avec les 13 millions FCFA issus des performances sportives, accentuant le sentiment d’injustice.

Une crise ouverte

Derrière la querelle des primes, c’est la gouvernance même de la Fédération qui est pointée du doigt. Entre accusations d’opacité, rupture du dialogue et défiance croissante, la crise actuelle pourrait marquer un tournant dans le fonctionnement du football sénégalais.

« Ce n’est plus une simple divergence. C’est une crise de confiance », résume un observateur.

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