Dakar, 28 avril (SL-INFO) – Dans une analyse tranchante, l’honorable Bacary Diédhiou met en lumière le décalage entre la volonté du Parlement et les hésitations du Palais. Entre « ambiguïté stratégique » et « évitement », le député s’interroge sur la sincérité du gouvernement face aux enjeux démocratiques. Le débat sur la modification du Code électoral prend ainsi une tournure de bras de fer institutionnel. Pour l’inspecteur et député Bacary Diédhiou, cette actualité révèle une « tension feutrée mais réelle entre les logiques institutionnelles ». Selon lui, derrière l’affichage d’une ambition commune se cache une profonde divergence de méthode.
Un rendez-vous manqué avec la parole publique
Le parlementaire rappelle que l’Assemblée nationale avait initialement fait preuve d’une « retenue institutionnelle remarquable » après le discours présidentiel du 31 décembre 2025. Le chef de l’État s’était alors engagé à soumettre un projet de loi avant la fin du premier trimestre. Or, le délai est passé et le constat est amer. « L’exécutif ne s’est pas conformé à son engagement », fustige l’honorable Diédhiou.
Il souligne un point de procédure crucial : au lieu du projet de loi promis, seul un avant-projet, non validé en Conseil des ministres, a été produit. Cette substitution, pense-t-il, est loin d’être anodine. « Pourquoi annoncer un projet de loi pour finalement se retrancher derrière un avant-projet ? », s’interroge-t-il, y voyant une possible stratégie d’évitement ou l’expression d’hésitations internes.
Face à ce qu’il qualifie de silence de l’Exécutif, Bacary Diédhiou défend la posture de l’Assemblée nationale qui, par cohérence, a repris l’initiative parlementaire. En acceptant de suspendre temporairement l’examen de la modification des articles L.29 et L.30, les députés ont, selon lui, fait preuve d’une « disponibilité institutionnelle rare ». « Le pouvoir législatif apparaît paradoxalement plus fidèle à l’éthique républicaine que l’exécutif lui-même », affirme-t-il avec force.
Le spectre de l’opacité politique
Pour le député, cette opacité de l’Exécutif n’est pas sans conséquences. Dans un contexte politique déjà fragile, « l’exécutif manque non seulement une occasion de renforcer la confiance, mais alimente également les soupçons », regrette-t-il. Pour Bacary Diédhiou, l’enjeu dépasse désormais le simple cadre technique pour devenir purement politique. Il interpelle directement les autorités sur leurs intentions réelles : s’agit-il de « gagner du temps » ou de « maintenir une zone d’incertitude propice à des ajustements stratégiques » ?
En conclusion, l’élu prévient que cette posture « fragilise la lisibilité de l’action publique » et heurte frontalement les principes de transparence essentiels à la légitimité démocratique. Le message est clair : la démocratie exige de la clarté, là où l’Exécutif semble, pour l’heure, préférer l’ombre.
