Dakar, 12 Mai (SL-INFO) – Arrivés au sommet par une vague populaire sans précédent, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko découvrent peu à peu que conquérir le pouvoir est une chose, gouverner en est une autre. Selon Icilome, dans un Sénégal où la fin de règne de Macky Sall a davantage été consacrée aux débats politiques qu’aux réponses concrètes aux urgences sociales, les attentes sont immenses.

Un tandem à l’épreuve des réalités

Le slogan « Sonko moyi Diomaye, Diomaye moyi Sonko » (Sonko, c’est Diomaye et Diomaye, c’est Sonko) a porté le duo jusqu’à la tête de l’État. Mais depuis l’installation, le terrain a clarifié les choses : le président n’est pas le Premier ministre, et réciproquement. Bassirou Diomaye Faye, en tant que chef de l’État, doit composer avec les contraintes diplomatiques, économiques et sécuritaires, tandis qu’Ousmane Sonko conserve son rôle de tribun populaire et moteur politique de Pastef.

Cette dualité, qui faisait la force du duo dans l’opposition, devient plus délicate à gérer au sommet de l’État. Plusieurs signaux nourrissent les interrogations : une certaine lenteur dans les changements promis, des attentes sociales très fortes autour du coût de la vie et de l’emploi, des sorties médiatiques jugées dissonantes, et le risque d’un partage du pouvoir mal défini entre la présidence et la primature.

À cela s’ajoute la pression d’une base militante impatiente de voir les résultats concrets de la rupture annoncée. Le bateau, confronté à une mer agitée, semble commencer à prendre l’eau, tandis que le linge sale s’invite sur la place publique. Si le tandem parvient à résister à la tempête, il deviendra peut-être la preuve qu’un navire peut avancer avec deux capitaines.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *