Dakar, 13 Mai (SL-INFO) – En France, une équipe du CHU de Lille vient de franchir une étape historique en mettant au point le STEOM, le tout premier stérilet masculin. Ce dispositif non hormonal et réversible est conçu pour permettre aux hommes de partager enfin la charge de la contraception. Actuellement en phase d’essais cliniques, il pourrait être commercialisé d’ici 2033 si les résultats se confirment.
Un vide à combler depuis des décennies
Jusqu’à présent, les options de contraception masculine étaient limitées au préservatif pour une protection ponctuelle ou à la vasectomie, efficace mais perçue comme définitive. Entre les deux, le vide laissait reposer la charge contraceptive massivement sur les femmes (pilule, implant, stérilet féminin), avec des effets secondaires souvent lourds. L’équipe lilloise a donc souhaité proposer une alternative simple, temporaire et réversible pour rééquilibrer cette responsabilité au sein du couple.
Le mode de fonctionnement du STEOM
Le principe du STEOM est purement mécanique et non hormonal. Le dispositif est posé en seulement quinze minutes sous anesthésie locale via une petite ouverture d’environ un centimètre au niveau du scrotum. Une fois en place, il agit comme une déviation en redirigeant les spermatozoïdes pour qu’ils soient éliminés naturellement par le corps. Sans spermatozoïdes dans l’éjaculation, le risque de grossesse est nul. L’intervention se fait en ambulatoire, sans points de suture ni pansements, et le stérilet reste efficace pour une durée allant jusqu’à trois ans.
À l’inverse de la vasectomie, la fertilité revient dès que le STEOM est retiré. Les chercheurs assurent que le dispositif n’affecte ni la libido, ni la sexualité, ni la fertilité à long terme après son retrait. Ce juste milieu répond à une demande croissante d’hommes souhaitant un engagement contraceptif choisi et partagé, sans subir le caractère définitif d’une intervention chirurgicale classique.
