Dakar, 20 Mai (SL-INFO) – Le député Guy Marius Sagna a livré une intervention musclée à l’Assemblée nationale, mêlant dénonciation des institutions internationales, défense du souverainisme, interpellations sociales et critiques sur la gestion de certains dossiers étatiques sensibles.
Selon le parlementaire, le Sénégal fait face depuis deux ans à « une guerre » menée par certaines institutions internationales opposées à l’orientation souverainiste du nouveau régime. Dans son intervention, il a directement mis en cause le Fonds monétaire international (FMI), qu’il accuse d’avoir fermé les yeux sur la dette cachée sous le régime précédent. « Oui, il y a une guerre contre le Sénégal », a martelé le député, estimant que certaines forces internationales craignent qu’une expérience souverainiste réussie au Sénégal ne fasse école en Afrique. Il a également accusé certains Sénégalais de collaborer avec ces institutions au détriment des intérêts nationaux, allant jusqu’à parler de « traîtres à la patrie ».
Le député est notamment revenu sur la situation des travailleurs prestataires du PROMAF, dénonçant des contrats précaires renouvelés depuis plus de quinze ans. Il a estimé que « la rupture » promise par les nouvelles autorités devait aussi mettre fin à ces pratiques qu’il qualifie de « voyoutes » de la part de l’État employeur. « Même si ce n’est pas aujourd’hui, qu’on nous dise dans combien de temps ces pratiques vont cesser », a-t-il plaidé, appelant le gouvernement à donner de la visibilité aux travailleurs concernés.
Autre dossier évoqué : celui du King Fahd Palace. Guy Marius Sagna a dénoncé la gestion de cet établissement hôtelier qu’il considère comme un patrimoine national « menacé de ruine ». Le député a rappelé que des rapports de l’Inspection générale d’État (IGE) auraient épinglé la gestion de l’hôtel et recommandé la résiliation du contrat en cours. S’en prenant également au dialogue national initié par les autorités, le député a estimé que le véritable dialogue devait se tenir au sein des institutions républicaines comme l’Assemblée nationale, les conseils municipaux ou encore les conseils de quartier. Il a critiqué ce qu’il considère comme une ouverture à des acteurs ayant « contribué à piller ce pays ». Dans une adresse directe au président Bassirou Diomaye Faye, Guy Marius Sagna a soutenu que certaines orientations actuelles n’auraient jamais permis une victoire électorale si elles avaient été clairement annoncées durant la campagne présidentielle.
