Dakar, 03 Août (SL-INFO) – C’est l’histoire de la grenouille qui se veut aussi grosse que le bœuf. Gianni Infantino, le tout-puissant patron de la FIFA, a décidé d’ouvrir l’institution qu’il dirige aux investisseurs privés. Le but est de porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football au cours des quatre prochaines années.
Ce projet a provoqué une levée de boucliers en Europe, notamment à l’UEFA, mais aussi en Asie et en Amérique, dans la zone Concacaf.
Marchandisation du football
Ces faitières sportives régionales reprochent à l’Italo-Suisse de vouloir vendre l’âme du football, de remettre en cause le modèle à but non lucratif de la FIFA par l’ouverture d’une société commerciale dénommée FIFA Forward Enterprise (FFE) et de nouer des liaisons incestueuses avec le clan Trump en s’associant à la société américaine de capital-risque Thrive Eternal de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre du locataire de la Maison-Blanche.
Face à la levée de boucliers des frondeurs, la FIFA a renoncé au projet.
Hypocrisie de l’UEFA
L’instance a certainement bien fait, parce que ce projet faisait craindre une marchandisation du football. mais aussi des conflits d’intérêts notamment avec le clan Trump.
Mais est-ce pour autant qu’il faut décerner la palme de la défense du football à l’UEFA, qui était le chef de file des frondeurs ?
La réponse est non parce que l’aboutissement de ce projet de la FIFA allait nuire à l’influence des fédérations européennes les plus riches qui contrôlent déjà la plus grosse part de l’argent du football mondial.
Il y a une part d’hypocrisie dans le fait que ce soit ces fédérations aisées qui touchent les plus gros chèques de sponsoring et de droits TV qui s’érigent en défenseurs de l’intégrité du football.
Il faut par ailleurs faire observer que la plupart des clubs qui jouent la Ligue des champions, l’une des compétitions phares de l’UEFA, sont dirigés par des représentants d’investisseurs privés. L’exemple de Chelsea et de l’Inter Milan édifie suffisamment. Et ces investisseurs privés pèsent déjà sur les décisions de l’UEFA comme l’élargissement de la Ligue des champions.
Il semble donc évident que l’Union des associations européennes de football empêche la FIFA de faire, ce qu’elle a largement admis depuis de nombreuses années.
