Dakar, 5 août (SL-INFO) – La route migratoire de l’Atlantique connaît une recrudescence marquée des départs depuis la Gambie, devenue en l’espace de trois mois un point de départ incontournable pour des centaines de candidats à l’exil.

Illustrant cette tendance, 150 migrants ont récemment été secourus sur des îles espagnoles après un périple de onze jours amorcés à Bakau. Les rescapés de ce voyage témoignent de la diversité des nationalités à bord, regroupant des ressortissants de Gambie, du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Nigéria et de Côte d’Ivoire.

Malgré le pacte bilatéral conclu en août 2024 entre Madrid et Banjul pour renforcer la coopération policière et endiguer les réseaux de passeurs, le phénomène ne faiblit pas. Des ports stratégiques comme Banjul, Barra, Brufut et Bakau voient régulièrement s’élancer de grandes embarcations de fortune.

Cette situation impacte directement les côtes sénégalaises, qui subissent de plein fouet ces flux migratoires et les opérations de sauvetage associées. Parmi les interventions marquantes de ces derniers mois figurent le refoulement d’une embarcation transportant plus de 150 personnes à Saint-Louis le 11 mai 2026, ainsi que l’interception de 93 individus aux Almadies (Dakar) dans la nuit du 9 juin 2026 par la Gendarmerie nationale.

Au-delà des frontières gambiennes, c’est toute la plaque tournante ouest-africaine qui est sous tension. Des localités frontalières stratégiques, telles que Karang Poste (département de Foundiougne), enregistrent une concentration croissante de candidats à l’émigration en route vers Banjul, complexifiant davantage les efforts conjoints de surveillance menés par les autorités sénégalaises, mauritaniennes et espagnoles.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *