Dakar, 20 août (SL-INFO) – Au Sénégal, l’hivernage est souvent attendu comme une bénédiction pour la terre. Mais dans certains quartiers de la région de Dakar, le retour des pluies réveille une tout autre réalité. À Petit Mbao, le décor est devenu tristement récurrent dès les premières averses. la route principale de la localité se transforme en un vaste bassin d’eau stagnante et boueuse, paralysant la vie locale et condamnant riverains et usagers à un véritable parcours du combattant.

Ce qui s’apparentait au départ à un désagrément temporaire s’est mué, au fil des semaines, en un problème structurel majeur. L’absence de canalisations adéquates et d’un réseau d’évacuation efficace fait que chaque nouvelle pluie vient s’ajouter aux reliquats non évacués, asphyxiant progressivement ce secteur stratégique de la commune de Mbao.

Sur place, la dégradation du bitume et l’accumulation des eaux impactent de plein fouet la mobilité et l’économie locale.

Pour Ousmane Ndoye, conducteur particulier et usager quotidien de cet axe, le constat est amer. Chaque trajet est devenu une source d’angoisse financière et matérielle. « Au début de l’hivernage, on pensait que cela passerait en quelques heures après les pluies », explique-t-il, l’air préoccupé. « Mais la situation n’a fait qu’empirer semaine après semaine. Aujourd’hui, la route est totalement défoncée et cachée sous des mares boueuses », de désole-t-il.

Au-delà de la gêne, ce sont les coûts de réparation qui pèsent sur son quotidien. « La semaine dernière, j’ai bousillé mon système d’allumage et deux amortisseurs en passant ici. On paie nos taxes et nos assurances, mais on ruine nos voitures juste pour rentrer chez nous. Si rien n’est fait immédiatement, cette route sera définitivement coupée », alerte le conducteur.

Le problème s’étend également à toute l’activité économique de la zone. Si l’eau stagne principalement sur la chaussée empruntée par les véhicules, sa présence bloque complètement les accès et empêche les citoyens de vaquer librement à leurs occupations. Ce sont les commerçants installés en bordure de route qui en paient les frais.

Fatou Sow, riveraine et commerçante du quartier, vit ce calvaire au quotidien. De sa boutique, le constat est alarmant : la mare boueuse qui occupe la route forme une barrière impassable pour les acheteurs. « Cela fait maintenant des semaines que nous vivons avec cette eau accumulée sur la route. La situation s’aggrave à chaque nouvelle pluie », confie-t-elle, dépitée.

Sa principale inquiétude concerne l’arrêt complet de son activité et l’insalubrité ambiante. « Actuellement, aucun client ne peut traverser cette eau pour venir acheter quoi que ce soit, que ce soit chez nous dans les boutiques ou au niveau du marché. Tout est à l’arrêt. En plus du manque à gagner, c’est un véritable foyer à moustiques qui s’installe sur la voie. La nuit, c’est intolérable », déplore-t-elle.

Face à la dégradation continue de leur cadre de vie et à l’asphyxie du commerce local, riverains et usagers s’accordent sur l’urgence d’une réaction institutionnelle. Leurs attentes se résument à des mesures concrètes et immédiates :

-Un pompage d’urgence des eaux accumulées sur la chaussée depuis le début de la saison et un curage rapide des voies d’évacuation.

-Une réhabilitation technique de la chaussée détruite par les infiltrations pour garantir la sécurité des usagers.

-Un soutien aux commerces de proximité et des interventions de démoustication pour assainir les abords de cet axe commerçant.

Alors que l’hivernage se poursuit en cette période de vacances, les populations de Petit Mbao espèrent une prise en charge rapide de cet axe majeur par les autorités compétentes, afin de libérer la circulation 

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