Dakar, 18 sept (SL-INFO) – Le Sénégal veut changer d’échelle dans la lutte contre le cancer. À Vienne, où il a pris part aux travaux consacrés au thème « Honorer la promesse de soins contre le cancer », le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a présenté les principaux leviers sur lesquels le pays compte s’appuyer pour améliorer la prise en charge des patients.

Au cœur de cette stratégie : les compétences. Dans le cadre du partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), 23 professionnels de santé sénégalais ont bénéficié de formations spécialisées en radiothérapie, médecine nucléaire, radiopharmacie et physique médicale. Une montée en compétences qui doit accompagner le renforcement du dispositif national de lutte contre le cancer.

Mais le Sénégal mise également sur les équipements. La mise en service du SPECT-CT de l’Hôpital général Idrissa Pouye figure parmi les avancées attendues, tandis que la feuille de route pour l’installation d’un cyclotron se poursuit. À cela s’ajoute un projet majeur : la création de cinq nouveaux centres de radiothérapie, en complément du renforcement des infrastructures déjà existantes.

L’objectif est de rapprocher les soins des populations, mais aussi de garantir leur continuité grâce au renforcement des ressources humaines, de la maintenance des équipements et à la mise en place de mécanismes de financement durables. Cette stratégie s’inscrit dans le Plan national de lutte contre le cancer 2025-2029.

À Vienne, le ministre de la Santé a ainsi réaffirmé la volonté du Sénégal de faire de ces investissements des moyens concrets pour améliorer l’accès aux soins, renforcer la prise en charge des patients et contribuer à réduire la mortalité liée au cancer.

Cette initiative intervient toutefois dans un contexte marqué par un déficit important de spécialistes en cancérologie. Le Sénégal fait face à près de 11 800 nouveaux cas de cancer chaque année, alors que le pays ne compte actuellement qu’environ 57 spécialistes en cancérologie, toutes disciplines confondues. Le déficit est particulièrement marqué chez les oncologues médicaux, avec seulement 6 praticiens, dont 2 en formation, auxquels s’ajoutent environ 18 oncologues radiothérapeutes et une dizaine d’oncologues chirurgiens. Le manque touche également les personnels d’appui, avec seulement 12 infirmiers spécialisés en chimiothérapie, 6 physiciens médicaux et 2 ingénieurs de maintenance en radiothérapie.

Le Plan national de lutte contre le cancer 2025-2029 vise ainsi à porter le nombre de spécialistes à 218 d’ici 2029. 

Le défi sera désormais de faire coïncider les investissements dans les infrastructures avec la montée en puissance des ressources humaines, afin que les nouvelles capacités annoncées se traduisent effectivement par un accès plus rapide aux soins pour les patients sénégalais.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *