Dakar, 28 avril (SL-INFO) – Au moins trois personnes ont été tuées lundi dans un nouvel affrontement intercommunautaire dans l’est du Tchad, lié à des tensions autour du partage des ressources en eau, a annoncé mardi à l’AFP le représentant local de l’Etat.

De premiers affrontements avaient fait 42 morts samedi après qu’un conflit lié à l’utilisation d’un puits d’eau a éclaté entre deux communautés, tama et zaghawa – dont le président tchadien Mahamat Idriss Déby est issu par son père -, dans la sous-préfecture de Guéréda, dans la province du Wadi Fira, frontalière du Soudan.

« Nous déplorons 3 morts et 10 blessés dans de nouveaux affrontements armés opposant les deux communautés », a rapporté Brahim Issa Galmaye, représentant de l’Etat dans la province.

Le Tchad est fréquemment affecté par des épisodes de violences intercommunautaires, notamment dans certaines zones rurales où les conflits liés aux terres, au bétail et à l’accès à l’eau prennent parfois une tournure meurtrière.

L’affrontement a également eu lieu dans la sous-préfecture de Guéréda mais à un autre endroit de cette zone rurale, a précisé M. Issa Galmaye.

« La situation est maîtrisée et reste sous contrôle », avait pourtant déclaré dimanche Limane Mahamat, vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.

Plusieurs ministres, hauts responsables locaux ainsi que le chef d’état-major des armées avaient été dépêchés sur place dimanche.

Depuis plusieurs années l’Est tchadien, zone de transhumance et à la frontière avec le Soudan en guerre, est en proie à des conflits entre différentes communautés : d’un côté, les cultivateurs autochtones sédentaires, et de l’autre, des éleveurs nomades arabes.

En novembre dernier, au moins 33 personnes avaient été tuées lors d’affrontements intercommunautaires survenus dans un village de la province de Hadjer-Lamis, au centre du Tchad, à la suite d’un différend concernant l’accès à un puits d’eau.

Les conflits agro-pastoraux ont fait plus d’un millier de morts et 2.000 blessés entre 2021 et 2024, selon les estimations de l’ONG International Crisis Group.

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