Dakar, 8 sept (SL-INFO) – L’Arabie saoudite a dénoncé mardi une série de frappes attribuées aux rebelles houthis du Yémen et promis de riposter à ce qui constitue leur plus importante attaque contre le territoire saoudien depuis plusieurs années.
Le Yémen, pays pauvre de la péninsule Arabique, a replongé dans la guerre en juillet sur fond d’embrasement régional. Depuis, les Houthis ont mené plusieurs attaques contre des cibles en Arabie saoudite, qui dirige la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.
Selon le média Ansarollah, proche des Houthis, les rebelles ont frappé à l’aide de drones et de missiles l’aéroport international d’Abha, la base aérienne King Khalid ainsi que des installations du géant pétrolier Aramco à Abha et Jizan.
Le porte-parole de la coalition dirigée par Ryad, le général Turki Al-Maliki, a indiqué sur X que les attaques sur ces villes avaient visé « des sites civils et économiques », sans davantage de précisions.
« Le Royaume réaffirme son droit légitime à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté », a réagi le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Il a souligné « la nécessité de mettre immédiatement fin à toutes les formes d’escalade pratiquées par cette milice, ainsi qu’aux menaces persistantes contre la navigation maritime ».
Selon le ministère saoudien de l’Energie, ces attaques ont causé « des incendies sur plusieurs sites, entraînant l’interruption temporaire de certaines opérations ».
Les Houthis avaient accusé lundi l’Arabie saoudite d’avoir bombardé des positions, des rassemblements et des camps sous leur contrôle, au moment où les hostilités s’intensifient.
Des frappes ont notamment touché la prison d’al-Hazm dans la province de Jawf, faisant 11 morts, a indiqué à l’AFP un responsable provincial.
– 300 morts depuis jeudi –
Les rebelles ont lancé la semaine dernière une nouvelle offensive visant à progresser vers les zones bordant le stratégique détroit de Bab el-Mandeb.
Ces affrontements avec les forces progouvernementales dans le sud-ouest du Yémen ont fait plus de 300 morts depuis jeudi, jetant sur les routes de nombreuses familles, selon des sources au sein des deux camps interrogées par l’AFP.
Bab el-Mandeb, qui permet de relier l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez, a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le verrouillage par l’Iran du stratégique détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule.
Le Yémen est le dernier pays en date à être entraîné dans le conflit régional déclenché par l’offensive américano-israélienne sur l’Iran fin février.
Le cessez-le-feu en vigueur depuis 2022 a volé en éclats en juillet, les Houthis défiant l’hégémonie de Ryad sur l’espace aérien yéménite.
Depuis, les rebelles, soutenus par la République islamique, multiplient les attaques contre des sites militaires et des zones contrôlées par le gouvernement.
Ils ont également annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et visé ses navires pétroliers et des infrastructures de son territoire, notamment une raffinerie.
La guerre au Yémen, commencée en 2014, a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une crise humanitaire majeure.
