Dakar, 2 sept (SL-INFO) – L’Union européenne (UE) durcit encore le ton face aux attaques hybrides russes, de plus en plus nombreuses et dangereuses. Alors que l’Allemagne attribue à la Russie l’incident impliquant un drone chargé d’explosifs début août à l’aéroport de Leipzig, l’UE a promis, mercredi 2 septembre, que de nouvelles sanctions se préparaient à l’encontre de Moscou. L’incident de l’aéroport de Leipzig, avec la découverte d’un drone chargé d’explosifs dans cette plateforme militaire centrale pour l’armée allemande et pour l’Otan, présente « les caractéristiques d’un acte de terrorisme soutenu par un État », a estimé la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, mercredi 2 septembre. Depuis l’Irlande, où les ministres européens des Affaires étrangères sont réunis, elle a appelé ses partenaires à monter d’un cran face à la Russie.
 
L’UE a annoncé la convocation du chargé d’affaires russe à Bruxelles pour protester contre cette nouvelle attaque « hybride », attribuée à la Russie. Même son de cloche à Lisbonne et à Paris ; le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a indiqué que cette convocation visait, pour les Vingt-Sept, à « protester très vivement sur les fondements qui nous sont apportés par nos amis allemands, étayés et qui permettent de démontrer qu’il y avait la volonté de saboter cet avion et ce site logistique qui a été utilisé par l’Allemagne et par l’Europe pour soutenir l’Ukraine ».
 
L’attaque de Leipzig « aurait pu causer d’énormes dégâts et même coûter des vies humaines »
« Il s’agit d’une attaque menée avec du matériel militaire par des agents russes sur le sol de l’Union européenne. Nous ne la tolérerons pas », a averti de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, juste avant une rencontre à Bruxelles avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.
 
Cette attaque aurait pu causer d’énormes dégâts et même coûter des vies humaines. L’épisode de Leipzig marque le début d’une nouvelle escalade sur le sol de l’Union européenne. Elle s’inscrit aussi dans un contexte général d’incidents extrêmement dangereux attribués à la Russie. Les Européens sont face à cette réalité : c’est une nouvelle norme, nos infrastructures du quotidien doivent aujourd’hui être considérées comme des cibles d’une ligne de front, et protégées en conséquence. Mais nous ne nous laisserons pas intimider. Avec l’Otan, nous n’allons pas simplement maintenir notre pression sur la Russie, nous allons l’accentuer et nous ne nous arrêterons pas, tant que la Russie continuera de bombarder l’Ukraine, de tuer des femmes, des hommes et des enfants.
 
 « Il est très clair qu’une fois encore, c’est une ingérence. C’est cette guerre hybride, au fond, que nous mène la Russie, qui est ainsi documentée », a souligné le président français Emmanuel Macron lors d’une déclaration à la presse aux Pays-Bas. L’Allemagne a, quant à elle, détaillé mardi des mesures de rétorsion contre la Russie, après l’avoir désignée comme responsable de l’attaque de Leipzig.
 
La guerre hybride n’est pas « juste une nuisance sur internet », a estimé le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski. Elle signifie aussi « des incendies criminels, des explosions et le sabotage de trains, comme en Pologne », a-t-il rappelé.
 
Moscou n’a pas tardé à répliquer ; toujours mercredi 2 septembre, la Russie a convoqué le chargé d’affaires allemand au ministère russe des Affaires étrangères, après « les agissements et déclarations antirusses des autorités allemandes », a indiqué la diplomatie russe sur son compte Telegram.
 
De nouvelles sanctions… sans effet considérable sur la Russie
La France a évoqué ouvertement de nouvelles sanctions à venir. « ​​​​​​​Nous proposerons des sanctions à l’encontre d’un certain nombre de navires de la flotte fantôme », a annoncé depuis l’Irlande Jean-Noël Barrot. Une nouvelle série de sanctions serait aussi en préparation contre des individus et des entités russes.
 
Mais la pression européenne reste pour l’instant sans effet sur le Kremlin. Dénoncer publiquement, expulser des diplomates, fermer des consulats, adopter des sanctions, saisir des pétroliers de la flotte fantôme russe : malgré les annonces européennes, les attaques attribuées à la Russie ne diminuent pas, Moscou récusant systématiquement son implication.
 
Jusqu’à présent, les services russes « ​​​​​​​ont été agiles dans la conduite de ces attaques et se sont adaptés aux réactions européennes (…) et ils mènent désormais des opérations plus agressives », relevait en août un rapport du Congrès américain.

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