Dakar, 29 juin (SL-INFO) La séance plénière de l’Assemblée nationale, déjà marquée par une vive tension autour de l’évacuation manu militari du député Abdou Mbow par les gendarmes, a donné lieu à une autre scène remarquable au sein de l’hémicycle. Alors que les discussions autour du projet de révision de la Constitution se poursuivaient, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, s’est discrètement éclipsé de la salle des séances. Ce départ impromptu a immédiatement été intercepté par Ousmane Sonko.

Sans laisser passer le geste du membre du gouvernement, la réaction depuis le perchoir ne s’est pas fait attendre. Rappelant avec fermeté les règles protocolaires et institutionnelles qui encadrent le fonctionnement de la représentation nationale, le président de séance a lancé à l’endroit du garde des Sceaux : « Nous sommes ici à l’Assemblée nationale. Ici, on demande la permission avant de quitter. »

Cette mise au point particulièrement tranchante, prononcée en direct devant l’assistance, ajoute une nouvelle séquence à une journée parlementaire décidément historique et mouvementée. Entre les altercations physiques ayant conduit à l’expulsion d’un président de groupe parlementaire de l’opposition et ce rappel à l’ordre direct adressé à un ministre de la République, les débats constitutionnels se déroulent dans une atmosphère électrique.

Cet épisode constitue le énième arbitrage de la journée par lequel Ousmane Sonko entend réaffirmer de manière absolue qu’il demeure l’unique autorité de la séance, exigeant la même discipline des députés de la majorité, de l’opposition, comme des représentants du pouvoir exécutif.

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