Saraya, 02 juil (SL-NFO) – Les régimes militaires sahéliens du Burkina Faso, du Mali et du Niger quitteront effectivement la Cour pénale internationale (CPI) en juin 2027, un an après avoir officiellement déposé leur demande de retrait, selon des documents onusiens consultés jeudi par l’AFP.

Ces trois pays gouvernés par des juntes qui revendiquent une politique souverainiste et qui ont tourné le dos aux Occidentaux avaient annoncé ensemble en septembre 2025 leur retrait de la CPI, la qualifiant d' »instrument de répression néocoloniale aux mains de l’impérialisme ».

Le 18 juin, le Niger a officiellement déposé sa demande de retrait, suivi par ses deux voisins six jours plus tard, selon des notifications du secrétaire général de l’ONU qui est le dépositaire du statut de Rome ayant créé la CPI.

Dans ces notifications, le Mali considère que « la distribution d’une justice pénale internationale équitable, essentielle à la réalisation des aspirations légitimes qui ont motivé la création de la CPI, est régulièrement entravée par l’instrumentalisation de la Cour, à des fins politiques ».

Le Burkina estime de son côté qu’ »au fil du temps, la Cour s’est progressivement éloignée de ses idéaux fondateurs, devenant un outil sélectif et politisé, au détriment de l’impartialité et de l’objectivité qui devaient la caractériser ».

Enfin, le Niger évoque le « détournement d’objectif » et « l’instrumentalisation de cette juridiction ».

Leur sortie prendra effet un an après cette notification officielle.

La CPI a déclaré avoir « pris note de la situation avec préoccupation » et regretté ces retraits.

Cette décision « menace de priver des milliers de victimes de la possibilité d’obtenir vérité, justice et réparations », a déploré Marceau Sivieude le directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

« Se retirer de la CPI revient pour ces gouvernements à se soustraire de manière précipitée à leurs obligations en matière de droit international et de justice » a-t-il ajouté, jugeant que cela « consacrera encore davantage l’impunité ».

Fondée en 2002, la Cour pénale internationale a pour mission de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves commis dans le monde, lorsque les pays n’ont pas la volonté ou la capacité de le faire eux-mêmes.

L’institution comptait jusqu’à présent 125 membres. Les Etats-Unis et la Russie n’en font pas partie, ni Israël, la Chine ou la Birmanie.

Elle essuie régulièrement des critiques, notamment dans les pays africains où elle est accusée de poursuivre majoritairement des personnalités du continent.

Les trois pays sahéliens qui se retirent sont confrontés à des violences meurtrières des groupes jihadistes liés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique mais leurs armées sont également accusées de crimes contre des civils.

APS

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