Dakar, 21 avril (SL-INFO) – Il se présentait comme un guérisseur, capable de lever les sorts et soigner les maux les plus profonds. En réalité, Moussa SY, 51 ans, se disant marabout et domicilié à la gare des baux maraîchers, n’était qu’un prédateur organisé, rodé à l’art de la manipulation. Le commissariat d’arrondissement de l’unité 15 des Parcelles-Assainies a procédé à son interpellation le 13 avril 2026, au terme d’une enquête déclenchée par le témoignage d’une jeune femme.
Une mise en scène soigneusement orchestrée
Tout commence le 3 avril 2026, à Mermoz. Ce jour-là, N.Fall, 19 ans, domiciliée à Mermoz Comico, croise un inconnu dans la rue. L’homme l’aborde avec une entrée en matière bien calculée : il dit chercher une dame qui soigne les femmes infertiles. Un prétexte anodin, mais suffisant pour engager la conversation.
Progressivement, Moussa SY installe un climat de confiance. Il parvient à convaincre la jeune femme qu’elle est atteinte d’un envoûtement mystique, œuvre, selon lui, d’un proche de son entourage. Armé d’une bague qu’il présente comme magique et de pratiques occultes, il achève de la placer sous son emprise psychologique.
Une auberge à Cambérène, quatre viols
Le lendemain, 4 avril 2026, il lui fixe rendez-vous dans une auberge de Cambérène 2. Entre 17 heures et 22 heures, selon les éléments du dossier, il la viole à quatre reprises, sans protection. Il disparaît ensuite dans la nature selon des sources de Seneweb.
Quelques jours plus tard,la fille N.Fall prend la décision de porter plainte auprès du commissariat de l’unité 15 des Parcelles-Assainies. Son témoignage déclenche immédiatement une procédure de recherche active.
Les investigations conduisent rapidement les enquêteurs vers la gare des baux maraîchers, où Moussa SY est localisé et interpellé. À son arrestation, il est trouvé en possession d’un joint de chanvre indien, dont il attribue l’origine à un individu rencontré fortuitement sur place.
Placé en garde à vue, le mis en cause adopte une stratégie de dénégation partielle. Il reconnaît certes avoir agi en complicité avec deux individus identifiés sous les prénoms de Lamine et Massambou
et admet avoir conduit la jeune femme à l’auberge de Cambérène le jour des faits. Mais il conteste catégoriquement tout rapport sexuel, affirmant s’être borné à formuler des prières en sa faveur.
Une version que les enquêteurs ont jugée peu convaincante.
Un multirécidiviste aux multiples identités
C’est l’intervention de la Police technique et scientifique qui va lever le voile sur la véritable identité du suspect. Les investigations révèlent que Moussa SY a fourni une fausse identité lors de son arrestation. Pire, son profil fait apparaître un passé judiciaire lourd et répété pour des faits de même nature :
En 2017, il avait été déféré par le commissariat central de Kaolack puis condamné;
Puis une nouvelle fois par le commissariat d’arrondissement de Dieuppeul ;
En 2024, rebelote, cette fois par le commissariat d’arrondissement de Grand Yoff.
Au terme de sa garde à vue, Moussa SY a été déféré au parquet. Il devra répondre des chefs d’accusation d’association de malfaiteurs, viols répétés, escroquerie, charlatanisme et détention de chanvre indien.
