Dakar ,03 juin (SL-INFO) –À la tête de la coalition Diomaye Président, Aminata Touré a réagi sur RFI à la formation du nouveau gouvernement, marqué par l’absence officielle du parti PASTEF malgré sa majorité à l’Assemblée nationale. Pour l’ancienne cheffe du gouvernement, cette situation relève avant tout d’« une question interne à un parti».
« Il faut rappeler une chose : le président Bassirou Diomaye Faye est membre du PASTEF. Plusieurs ministres sont aussi membres du PASTEF », a-t-elle déclaré, estimant que les institutions devraient fonctionner normalement « si tout le monde reste dans le respect de ses prérogatives et met en avant les intérêts du Sénégal ».
Aminata Touré a toutefois mis en garde contre toute instrumentalisation des institutions à des fins personnelles. « On ne peut pas être dans des scènes de ménage éternelles », a-t-elle lancé, appelant les différents pouvoirs – exécutif, législatif et judiciaire – à jouer pleinement leur rôle afin d’éviter une crise institutionnelle.
Interrogée sur les tensions supposées entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, notamment autour de la reddition des comptes, elle a rejeté toute idée de rupture politique. « Le président Bassirou Diomaye Faye est plus que jamais pour la reddition des comptes, mais pas pour le règlement des comptes », a affirmé l’ancienne ministre de la Justice, insistant sur l’indépendance de la magistrature.
Selon elle, la reddition des comptes ne saurait être assimilée à une chasse aux adversaires politiques. « Vous pouvez avoir un adversaire politique que vous n’aimez pas, cela ne suffit pas pour que le juge condamne cette personne », a-t-elle expliqué.
Sur la question de la dette publique et des discussions avec les partenaires financiers internationaux, Aminata Touré a défendu une approche pragmatique plutôt qu’idéologique. Revenant sur les inquiétudes suscitées par une éventuelle restructuration, sujet sur lequel Ousmane Sonko a souvent affiché ses réserves, elle a évoqué la nécessité d’un « reprofilage » de la dette.
« Ce n’est pas une question idéologique, c’est une question très pratique », a-t-elle soutenu, rappelant que le Sénégal devait trouver une stratégie soutenable pour honorer ses engagements sans replonger dans les politiques d’ajustement structurel des années 1980.
« On ne parle pas de couper les programmes sociaux ou de replonger les populations dans la pauvreté », a-t-elle précisé, plaidant pour des discussions équilibrées avec les créanciers internationaux.
Aminata Touré a également défendu la légitimité institutionnelle du chef de l’État dans la composition de l’équipe gouvernementale. « Le président Bassirou Diomaye Faye a été élu démocratiquement à 54 % par les Sénégalais », a-t-elle rappelé, soulignant que ce gouvernement représente avant tout « le choix de l’efficacité » face aux attentes sociales et économiques des populations sénégalaises.
