Dakar, 03 juin (SL-INFO) -Arrêté dans la nuit du 13 au 14 janvier 2018, René Capain Bassène, journaliste d’investigation et écrivain, a passé plus de huit ans derrière les barreaux avant d’être gracié. Sa libération, intervenue après une longue détention marquée par des contestations et des mobilisations citoyennes, met fin à une épreuve qu’il qualifie lui-même d’injuste.
À son retour, Bassène a vécu un moment d’émotion intense. Conduit en taxi par un cousin, il n’avait rien préparé pour son arrivée. Ce qui l’a marqué, c’est l’accueil spontané de sa famille et de ses proches. Ses retrouvailles avec ses enfants traduisent la profondeur de l’épreuve : « Quand je l’ai quitté, mon fils avait trois mois. Je l’ai retrouvé en garçon qui m’a appelé « Papa ». Ma fille, qui avait trois ans, est devenue une grande fille qui m’a pris par le bras. » Ces instants, empreints de larmes et de joie, symbolisent le temps perdu et la force des liens restés vivants malgré l’absence.
Le journaliste rappelle qu’il a été « injustement arrêté, injustement condamné », et souligne que sa libération est une décision présidentielle dont il ignore les motivations : « C’est lui seul qui sait pourquoi il m’a libéré. Mais je le remercie du fond du cœur. » Au-delà de la gratitude, Bassène insiste sur la nécessité de vérité et de justice dans l’affaire de la tuerie de Boffa-Bayotte.
Il affirme avoir pardonné, conscient qu’aucune réparation ne saurait combler les souffrances physiques, morales et psychologiques endurées. Mais il appelle fermement à ce que la lumière soit faite : « Je suis le dernier à être libéré. Je sais que je n’ai pas tué. Je prie pour que la vérité éclate, afin que les familles des victimes sachent qui a réellement tué leurs parents. Moi aussi j’ai besoin qu’on sache qui a fait. »
Son accueil chaleureux, marqué par la présence de voisins, d’anciens collègues et de proches venus l’attendre depuis le matin, est pour lui une preuve qu’il n’est pas l’ennemi de la paix que certains ont voulu décrire. « Rien que cet accueil, par surprise, est pour moi un témoignage. Si j’étais un malfaiteur, je ne crois pas que j’aurais eu ce que j’ai aujourd’hui. »
Au-delà de son cas personnel, Bassène place désormais son action dans une exigence de vérité et de justice. Pour lui, l’affaire Boffa-Bayotte ne doit pas rester une plaie ouverte : elle appelle une clarification définitive, afin que les victimes et leurs familles obtiennent enfin la lumière qu’elles attendent.
