Dakar, 9 oct (SL-INFO) – Au lendemain des violentes accusations portées par Toussaint Manga contre le Directeur général de la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), de nouveaux éléments d’information apportent un éclairage sur les coulisses d’une crise managériale et protocolaire qui secoue l’entreprise publique.
L’affaire de la prime de rendement de l’ancien Directeur général de la LONASE continue de faire des vagues. Alors que Toussaint Manga dénonce une « dérive managériale » et une vague de sanctions injustifiées après son passage dans les locaux de l’institution, les faits replacés dans leur contexte révèlent un profond différend protocolaire et un climat social sous tension.
Chèque de 3 millions FCFA et vice de protocole
Selon les informations recueillies auprès de sources internes, le Directeur général Abdourahmane Baldé avait lui-même donné des instructions précises à ses services pour informer Toussaint Manga de la disponibilité de son chèque de « 3 millions FCFA correspondant à des primes de rendement ». L’actuel patron de la LONASE avait même proposé « qu’un agent puisse se déplacer pour le lui remettre, comme cela se faisait avec les anciens directeurs généraux ».
C’est en l’absence du Directeur général, alors en déplacement, que Toussaint Manga a fait son apparition au siège de l’entreprise. « Les images de l’ascenseur montrent Toussaint Manga accompagné d’un autre homme portant un sac. Il s’est ensuite rendu dans le bureau du Coordonnateur général », indiquent des témoins de la scène.
C’est précisément ce défaut d’information préalable qui a mis le feu aux poudres. « Sur le plan institutionnel, l’élégance aurait voulu que le service protocole soit également informé de la présence d’un ancien Directeur général, afin de lui réserver l’accueil et les égards appropriés », explique-t-on au sein de l’établissement public.
À son retour, Abdourahmane Baldé a exigé des explications du Coordonnateur général sur l’absence de notification concernant la visite de son prédécesseur, assimilant cet épisode à « un manquement au protocole, à la transparence et à la loyauté dans la chaîne administrative ». Une appréciation qui a immédiatement conduit à la mesure mettant fin aux fonctions du Coordonnateur général.
Des tensions héritées du passé
Ce clash frontal ne constitue toutefois que le sommet de l’iceberg. Les relations entre les deux hommes et leurs équipes respectives s’étaient progressivement détériorées lors de la précédente transition à la tête de la société d’État.
Après le départ d’Abdourahmane Baldé de la direction générale et la prise de fonction de Toussaint Manga, plusieurs collaborateurs proches de l’ancienne équipe avaient fait l’objet d’« affectations éloignées », tandis que « certaines évolutions ou promotions attendues n’ont pas eu lieu ». Des décisions managériales qui avaient créé des incompréhensions au sein du personnel : « Certains Lonasiens ne comprenaient pas les raisons de ces décisions », confient des agents de l’entreprise.
Dans ce contexte social déjà inflammable, cette visite impromptue sans signalement préalable est venue raviver les rancœurs. Si le fond du dossier reste le paiement d’un droit administratif légitime, « le point central demeure l’absence d’information préalable sur sa présence dans les locaux ».
Entre batailles de procédures, querelles d’égos et divergences de gestion, la crise au sommet de la LONASE illustre une fois de plus la délicate cohabitation entre anciens et nouveaux dirigeants au sein des grands démembrements de l’État.
