Dakar, 13 juil (SL-INFO) –Dans un entretien paru ce lundi dans L’Observateur, le président de la commission Communication de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Bacary Cissé, révèle les coulisses des négociations pour la signature du contrat de Pape Thiaw tel que libellé au moment de son limogeage du banc des Lions, décidé ce samedi.

D’après le récit du responsable fédéral, les discussions ont débuté le 25 février dernier, avec la transmission de la proposition de la Fédération au technicien de 45 ans, mais les deux parties ont trouvé un accord en pleine Coupe du monde… à quelques heures du deuxième match du Sénégal, contre la Norvège. Et avant de signer son contrat de trois ans, souffle la même source, Pape Thiaw avait émis des exigences qui ont donné des cheveux blancs au président de la FSF, Abdoulaye Fall.

Début juin, alors que les Lions s’apprêtent à se rendre aux États-Unis, la presse révèle que Pape Thiaw refuse de voyager avec l’équipe sans avoir signé son contrat. À en croire Bacary Cissé, un conseiller du Président Diomaye Faye, présent dans la Tanière à ce moment-là, informe le Palais. Le chef de l’État échange directement avec le technicien et le convainc d’accepter un salaire mensuel de 30 millions de francs CFA net, alors qu’il demandait 50 millions.

La crise est désamorcée, les Lions, avec leur sélectionneur, s’envolent pour le pays de l’Oncle Sam. «Pourtant, rembobine le patron de la com de la FSF, une fois l’équipe regroupée aux États-Unis, le sélectionneur est revenu à la charge. S’il se disait finalement d’accord pour les 30 millions F CFA mensuels, il exigeait désormais 440 millions de prime de signature, 500 millions de primes spéciales et 1 milliard de francs CFA en cas de victoire finale à la Coupe du monde.»

Au total donc, Pape Thiaw réclamait des primes de près de 2 milliards, exactement 1 milliard 940 millions. À cela devait s’ajouter, selon Bacary Cissé, «des avantages en nature : un véhicule de fonction, 200 litres de carburant par mois, une dotation téléphonique de 200 000 F CFA mensuels et une assurance maladie privée».

«Le président de la FSF a donc été contraint d’en référer à nouveau au président de la République, alors même que nous étions en pleine compétition. Tout le monde s’est senti profondément embarrassé par ces va-et-vient incessants», regrette le responsable fédéral.

Finalement, rapporte la même source, le désormais ex-sélectionneur ajuste ses demandes : pas de changement pour le salaire (30 millions) et les avantages en nature (voiture, carburant…), mais il réclame une prime de signature de 120 millions de francs CFA, à raison de 30 millions par trimestre, 1% des montants accordés par la FIFA en cas de victoire finale du Sénégal et une prime complémentaire de 180 millions (5 millions par mois pendant 3 ans). Sans compter les huit mois de salaires demandés en cas de rupture de contrat, quel qu’en soit le motif.

La Fédération dit ok, mais pose une condition : si les Lions n’atteignent pas les demi-finales, Pape Thiaw partira avec l’indemnité de licenciement demandée.

«Le jour du match [contre la Norvège], à seulement trois heures du départ de l’équipe, il est revenu pour exprimer son désaccord, prétextant que la clause d’objectif [1/2 finale] n’avait pas été convenue au départ. Contre toute attente, la Fédération a fini par accepter toutes ses exigences, avec l’approbation des autorités étatiques», conclut Bacary Cissé.

Le Sénégal ayant été éliminé en seizièmes, Pape Thiaw ne pourra normalement pas prétendre aux primes espérées. Il devrait se contenter d’un chèque de 240 millions de francs CFA, représentant huit mois de salaire.

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