Dakar, 19 oct (SL-INFO) – Le 14 octobre 2026, Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), a affirmé qu’il y a une différence entre les 962 millions de dollars annoncés comme décaissés par des bailleurs pour la lutte contre Ebola et les quelques 200 millions dont la gestion a pu être retracée en RDC. Un différentiel qui nécessite « des clarifications sérieuses », selon le président du Réseau panafricain de lutte contre la corruption (Unis). Même si « des fonds insuffisamment retracés ne sont pas nécessairement des fonds détournés », estime Jimmy Kande.
En République démocratique du Congo (RDC), une question est toujours d’actualité ce 19 octobre 2026 : « Où sont passés les 700 millions de dollars décaissés par les donateurs internationaux dans la lutte contre Ebola ? » Elle a été posée la semaine précédente à Kinshasa par le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), agence spécialisée de santé publique de l’Union africaine. Jean Kaseya a dénoncé un « flou » dans leur gestion.
« ONG et agences doivent justifier l’utilisation de ressources »
Sur les 962 millions de dollars annoncés comme décaissés par les bailleurs, seuls un peu plus de 200 millions ont pu être retracés par les autorités congolaises jusqu’ici.
Jimmy Kande, président du Réseau panafricain de lutte contre la corruption (Unis), appelle à vite « rectifier le tir ». « Ces révélations sont préoccupantes et appellent à des clarifications sérieuses, débute-t-il au micro de Pascal Mulegwa. Les ONG et les agences internationales doivent justifier l’utilisation de ressources reçues auprès de leurs bailleurs, mais aussi auprès de populations qui en sont bénéficiaires».
« Il faut éviter les amalgames »
Mais il tempère : « Il faut néanmoins éviter les amalgames. Des fonds insuffisamment retracés ne sont pas nécessairement des fonds détournés. Ces informations semblent révéler un véritable problème de gouvernance et de coordination de la riposte. Donc, comment peut-on efficacement combattre une épidémie si les acteurs impliqués ne disposent pas d’une vision claire des ressources mobilisées, de leur utilisation et des résultats obtenus ? »
Jimmy Kande insiste : « Donc, nous plaidons pour une clarification indépendante de la gestion des financements et bien évidemment, un mécanisme transparent de suivi des dépenses. Il ne faut surtout pas perdre de vue l’essentiel : derrière ces millions de dollars, il y a des vies humaines. La priorité doit être donc de corriger rapidement les dysfonctionnements, d’établir des responsabilités éventuelles et de garantir que les ressources servent effectivement à sauver des vies. Il est donc urgent que toutes les parties prenantes rectifient le tir. Et je pense que la lutte contre Ebola doit rester une mobilisation collective pour protéger les populations et sauver des vies. »
Mi-mai, la RDC a déclaré la 17e épidémie de son histoire. Le ministère congolais de la Santé a confirmé qu’une huitième province est désormais touchée par Ebola, le Nord-Ubangi, dans le nord-ouest du pays. Deux cas y ont été confirmés, dont un décès : il s’agit de deux hommes âgés d’une vingtaine d’années, résidant dans la zone de Wapinda, limitrophe de la province du Bas-Uélé. Sur l’ensemble du pays, le nombre total de cas confirmés est désormais de 9 415, dont 4 536 décès.

