Dakar, 2 sept (SL-INFO) – La Guinée-Bissau a validé sa nouvelle Constitution lors du référendum du 30 août 2026, avec 70 % de voix favorables selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale (CNE). Mais derrière cette victoire institutionnelle, la participation modérée et les profonds clivages régionaux révèlent un pays profondément divisé, alors que l’opposition réclame un dialogue national inclusif pour restaurer la légitimité démocratique.
Un scrutin particulièrement contrasté
Sur les 914 428 électeurs inscrits, 572 712 se sont rendus aux urnes, soit un taux de participation de 63 %, laissant une abstention marquée de 37 %. Le « OUI » a accumulé 383 116 suffrages, contre 160 954 pour le « NON ».
Les résultats territoriaux mettent en lumière de nettes disparités : les régions de Gabú (90 %) et Bafatá (85 %) ont plébiscité la réforme constitutionnelle. Biombo et Quinara (79 %), ainsi que Cacheu et Tombali (70 %), ont appuyé cette dynamique. Dans les zones d’Oio (60 %) et de Bolama-Bijagós (58 %), le « OUI » s’est imposé plus timidement. Seule la capitale, Bissau, a rejeté le texte avec 52 % de suffrages négatifs, s’affirmant comme l’unique bastion de résistance à la réforme.
Un tournant institutionnel vers le présidentialisme
La nouvelle loi fondamentale instaure un régime présidentiel fort, consolidant les prérogatives du chef de l’État tout en réduisant le nombre de sièges au Parlement de 102 à 65 députés. Pour la CNE, l’opération électorale s’est déroulée dans le strict respect du cadre légal, qui valide toute proposition obtenant la majorité absolue des suffrages exprimés.
Fernando Dias : « La paix doit reposer sur la légitimité »
Dans la foulée de la proclamation des chiffres, Fernando Dias da Costa, figure de proue du Parti du renouveau social (PRS) et candidat à la présidentielle avortée de novembre 2025, est monté au créneau pour exiger la tenue d’assises nationales. « Le peuple aspire à une paix fondée sur la justice et une stabilité soutenue par la légitimité », a-t-il soutenu.
L’opposant a fait valoir que le niveau d’abstention traduisait une désapprobation populaire face à une démarche unilatérale et opaque. Il a vivement mis en garde contre un risque d’autocratie adossé au projet politique de l’ex-président Umaro Sissoco Embaló.
Rappelant que l’exercice démocratique ne saurait se résumer à l’acte de voter, il a appelé à l’implication active des acteurs politiques, des partenaires sociaux, des syndicats, des représentants de la diaspora et des autorités coutumières. « La Constitution doit unir le pays, garantir les droits et libertés fondamentaux, et faire barrage à toute hyper-concentration du pouvoir », a-t-il conclu.
