Dakar, 22 avril (SL-INFO) – C’est le constat alarmant qui ressort de la revue annuelle du secteur de la santé et de l’hygiène tenue récemment par la Direction régionale de la Santé de Kaffrine. Malgré une population dépassant les 800 000 âmes, la région souffre d’un vide médical critique dans des spécialités vitales. Le docteur Christophe Kanfoum, directeur régional de la Santé par intérim, a tiré la sonnette d’alarme : la région ne dispose d’aucun psychiatre, alors que les pathologies mentales progressent. Plus inquiétant encore pour une zone traversée par des axes routiers majeurs, l’absence de neurochirurgien fragilise la prise en charge des blessés graves dans cette région jugée particulièrement accidentogène.

Même dans les domaines de la pédiatrie, de la cardiologie ou de la gynécologie, les effectifs actuels sont jugés largement insuffisants pour répondre à la demande croissante.

Une fuite des cerveaux qui aggrave le déficit

Au-delà des spécialistes, c’est l’ensemble du personnel soignant qui est sous tension. Le Dr Kanfoum a signalé une vague de départs récents : de nombreux agents de l’hôpital régional et des quatre districts sanitaires ont quitté leurs postes après avoir réussi des concours administratifs. « Même si c’est une évolution positive pour ces agents, il est important que leur remplacement soit assuré rapidement. Sans cela, le déficit déjà existant risque de s’aggraver », a prévenu le directeur par intérim.

Des infrastructures à bout de souffle à Malem Hodar et Birkelane

Le pilotage de la carte sanitaire révèle une autre urgence : la vétusté des infrastructures. Les centres de santé de Malem Hodar et de Birkelane fonctionnent toujours dans d’anciens locaux conçus pour de simples postes de santé. Pour désengorger ces structures et rapprocher les soins des citoyens, le Dr Kanfoum plaide pour la création de centres de santé secondaires à Nganda, Kahi et Ribot Escale. L’objectif pour 2026 est clair : transformer ces projets en réalités pour offrir une couverture géographique digne de ce nom.

Des motifs d’espoir : succès sur le VIH et la vaccination

Tout n’est pas sombre dans ce bilan. La Direction régionale affiche une réelle satisfaction sur plusieurs indicateurs de santé publique, notamment la vaccination contre la rage et le papillomavirus humain (HPV), rempart essentiel contre le cancer du col de l’utérus. Des avancées significatives ont également été notées dans le suivi des patients vivant avec le VIH et dans la lutte contre la tuberculose. « Tous ces éléments contribuent aujourd’hui à améliorer la satisfaction des populations par rapport aux services de santé dans la région », a souligné le docteur Kanfoum. Ces succès ont été rendus possibles grâce à une synergie entre l’État, les partenaires financiers et les maires de la région, dont l’engagement dans la construction de nouveaux postes de santé a été vivement salué.

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