Dakar, 22 sept (SL-INFO) – ​Vous croyez l’avoir terrassé(e) de plaisir et vidé(e) de ses forces ? Détrompez-vous. Ce sommeil brutal qui s’empare de votre partenaire après l’orgasme n’a rien d’un désintérêt : c’est une décharge hormonale incontrôlable. Un phénomène qui peut devenir particulièrement gênant lorsqu’il survient dans des contextes où s’endormir involontairement n’est pas vraiment une option. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi cela arrive et cherchent des solutions pour l’éviter.

​Loin du mythe de la « perte de forces », il s’agit d’une mécanique biologique parfaitement orchestrée. Ce coup de barre est le résultat d’un cocktail chimique implacable : chute de dopamine, explosion de prolactine, d’ocytocine et d’endorphines, le tout couplé à un relâchement musculaire total.

​Pendant l’acte, le corps est en état de surchauffe sympathique : le cœur s’accélère, les muscles se tendent, et l’explosion de dopamine met le circuit de la récompense à plein régime. Au moment de l’orgasme, tout bascule. Le cerveau coupe brutalement la dopamine et active le système parasympathique, responsable du repos. C’est le fameux « reboot » : le rythme cardiaque chute, les muscles se relâchent et la tension accumulée s’effondre d’un coup. Il s’agit littéralement d’une « gueule de bois » biochimique transitoire, et non d’un rejet du partenaire.

​À cela s’ajoute un véritable cocktail somnifère. L’orgasme déclenche une libération massive de prolactine — l’hormone de la satiété sexuelle et de la somnolence —, de sérotonine, de mélatonine (l’hormone du sommeil), d’ocytocine (l’hormone de l’attachement) et d’endorphines, véritables morphines naturelles du corps. Une étude de référence a montré que le taux de prolactine augmente quatre fois plus après un rapport sexuel qu’après une masturbation, ce qui explique pourquoi la sensation de satisfaction et de fatigue est nettement plus intense à deux. Des chercheurs notent d’ailleurs que 75 % des personnes interrogées déclarent mieux dormir après un orgasme, parfois plus efficacement qu’avec des somnifères, car l’orgasme entraîne également une baisse du cortisol, l’hormone du stress.

​Enfin, il ne faut pas négliger l’effort physique réel : l’acte sexuel est un exercice cardio-musculaire qui dépense de l’énergie. Une fois l’euphorie retombée, la fatigue accumulée se fait sentir. Si le rapport a lieu le soir, l’horloge biologique est déjà en mode préparation au sommeil. On ne perd donc ni ses forces ni son sang : on traverse simplement un cycle naturel composé de l’excitation, de l’orgasme, de la décharge hormonale relaxante et enfin de l’endormissement.

​Il convient de préciser que ce mécanisme est identique chez l’homme et chez la femme. Toutefois, chez l’homme, le pic de prolactine après l’éjaculation est jusqu’à quatre fois plus élevé que chez la femme, ce qui explique pourquoi la somnolence masculine est souvent plus brutale et immédiate. Chez la femme, bien que le cocktail soit identique, l’ocytocine et la sensation de détente musculaire prennent souvent le dessus sur la somnolence pure. Certaines femmes se sentent ainsi apaisées, câlines et détendues plutôt que véritablement endormies.

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