Dakar, 16 déc (SL-INFO) – Il est des décisions qui honorent non seulement ceux qui les prennent, mais aussi la République toute entière.
L’initiative d’Ousmane Wade, consistant à saisir la Cour suprême pour contester l’arrêté interministériel limitant la circulation interurbaine entre 23h et 5h, s’inscrit clairement dans cette catégorie.
Par cet acte, il ne s’agit ni d’un calcul politique ni d’un simple coup d’éclat médiatique, mais d’un combat juridique, réfléchi et profondément citoyen, au service des droits fondamentaux des Sénégalais.
Un arrêté aux conséquences sociales lourdes
Dans un pays où l’essentiel des services administratifs, économiques et sanitaires est concentré à Dakar, restreindre la circulation interurbaine revient, de facto, à pénaliser les populations de l’intérieur.
Chaque jour, des citoyens sont contraints de : prolonger leur séjour à Dakar faute de pouvoir voyager la nuit, louer des chambres ou dormir dans des conditions précaires, supporter des coûts supplémentaires qu’ils n’ont pas les moyens d’assumer, retarder des rendez-vous médicaux, professionnels ou familiaux urgents.
Ce sont les plus modestes qui paient le prix de cette décision, dans un pays déjà marqué par de profondes inégalités territoriales.
Une entrave au développement économique
Au-delà des usagers, cet arrêté freine : l’activité des transporteurs, la mobilité de la main-d’œuvre, la fluidité des échanges entre régions, et, plus largement, l’économie locale hors Dakar.
Empêcher la circulation nocturne, c’est ralentir un pays qui a justement besoin de désenclavement, de mobilité et d’initiative privée, non de restrictions administratives prises sans concertation.
Le droit face à l’arbitraire
En dénonçant le caractère injuste, inefficace et inconstitutionnel de cet arrêté, Ousmane Wade rappelle une vérité essentielle :
la sécurité routière ne peut servir de prétexte à des mesures qui violent la liberté de circulation, le droit d’entreprendreet les principes garantis par la Constitution.
Surtout lorsque les faits démontrent que cette interdiction n’a pas réduit les accidents de la route, contrairement aux objectifs officiellement avancés.
La voix d’une jeunesse lucide et responsable
Fils de Saint-Louis, Ousmane Wade incarne cette génération qui a compris comment fonctionne « ce petit monde » :
celui où des décisions centrales produisent des effets périphériques dévastateurs.
Son action prouve que l’engagement citoyen ne se limite pas aux discours, mais passe aussi par le droit, les institutions et la rigueur intellectuelle.
Comme le dit si justement l’adage :
« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. »
Un combat qui nous concerne tous
En portant ce recours devant la Cour suprême, Ousmane Wade ne défend pas une catégorie sociale, une région ou un secteur particulier.
Il défend le droit de tous les Sénégalais à se déplacer librement, à travailler dignement et à vivre dans un pays où les décisions publiques sont justes, proportionnées et concertées.
Ce combat mérite soutien, respect et reconnaissance.
Car défendre la liberté de circulation, c’est défendre l’unité, l’équité et l’avenir du Sénégal
Baba Aidara Journaliste d’Investigation Citoyen de Ndar
