Dakar, 24 mars(SL-INFO) – Les négociations ont duré huit années avant de trouver leur épilogue. Mardi, à Canberra, les autorités australiennes et la présidence de la Commission européenne ont officiellement paraphé un accord de libre-échange d’envergure, destiné à redéfinir les relations économiques bilatérales face aux pressions commerciales mondiales.
Ce déplacement d’Ursula von der Leyen, le premier dans le pays depuis sa prise de fonction, marque une étape décisive. Selon l’agence Anadolu, l’objectif affiché par les deux partenaires est de diversifier leurs marchés respectifs pour atténuer l’influence économique des États-Unis et de la Chine. L’Union européenne, qui représente aujourd’hui le troisième partenaire commercial et la deuxième source d’investissements étrangers de l’Australie, a exporté pour 37 milliards d’euros de marchandises et 31 milliards d’euros de services vers ce pays en 2024. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a qualifié la signature de moment historique pour sa nation, soulignant l’importance de s’allier avec la deuxième économie mondiale.
Le texte, qui doit encore être approuvé par le Conseil européen, repose sur des concessions précises, notamment dans le secteur agricole. L’accord prévoit une augmentation massive du quota de bœuf australien autorisé sur le marché européen. Sur la prochaine décennie, ce volume sera multiplié par plus de dix pour atteindre 30 600 tonnes. Dans le détail, 55 % de cette viande, issue d’animaux nourris à l’herbe, sera exonérée de droits de douane, tandis que les 45 % restants bénéficieront d’un taux réduit à 7,5 %. Le marché européen s’ouvrira également à 25 000 tonnes de viande ovine et caprine australienne, avec une mise en place progressive étalée sur sept ans.
En contrepartie, les constructeurs automobiles européens obtiennent un allègement fiscal significatif. L’Australie a accepté de relever le seuil de sa taxe sur les véhicules de luxe pour les voitures électriques, ce qui permettra d’exonérer trois quarts de ces modèles. Bruxelles anticipe une hausse d’un tiers de ses exportations vers l’Australie au cours des dix prochaines années, avec des pics à 50 % dans les secteurs automobile et laitier.
Parallèlement à cette signature, l’instance européenne a fait une autre annonce commerciale de premier plan : l’application à titre provisoire, dès le 1er mai, de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur. Une décision maintenue malgré les vives contestations du secteur agricole européen et l’opposition de la France, qui dénonce un risque de concurrence déloyale et un affaiblissement des normes environnementales et sanitaires.
