Dakar, 25 mars(SL-INFO) – Le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a entamé sa toute première visite officielle en Corée du Nord. Ce déplacement de deux jours, qui a débuté mercredi, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations entre deux nations unies par leur soutien à la guerre menée par la Russie en Ukraine et visées par de multiples sanctions occidentales.
Selon le média Al Jazeera, cette rencontre vise à identifier des domaines clés d’intérêt mutuel et à concrétiser de nouveaux projets. L’agence de presse publique biélorusse Belta précise que le dirigeant prévoit de signer un « traité d’amitié » ainsi qu’une dizaine d’accords avec Pyongyang. « Le moment est venu d’intensifier nos relations », a déclaré Alexandre Loukachenko, ajoutant que « la situation actuelle nous pousse tout simplement dans les bras l’un de l’autre ».
Les bases de ce rapprochement ont été posées en septembre dernier à Pékin, lors d’une rencontre entre Kim Jong Un et Alexandre Loukachenko en marge d’un défilé militaire. Plus tôt ce mois-ci, l’agence officielle nord-coréenne KCNA a rapporté que le dirigeant nord-coréen avait adressé une lettre à son homologue, exprimant sa volonté de porter la coopération bilatérale « à une nouvelle étape supérieure ». En retour, Minsk a confirmé son intérêt pour une expansion active de ses liens politiques et économiques avec Pyongyang à tous les niveaux.
Cette alliance bilatérale s’articule fortement autour d’un partenaire commun : la Russie. Les services de renseignement sud-coréens et occidentaux estiment que la Corée du Nord a déployé des milliers de soldats en Russie, principalement dans la région de Koursk, en plus de fournir des obus, des systèmes d’artillerie et des missiles. En échange, les analystes indiquent que Pyongyang reçoit une aide financière, des technologies militaires et des approvisionnements énergétiques, réduisant ainsi sa dépendance historique à l’égard de la Chine. De son côté, la Biélorussie a renforcé son ancrage dans l’orbite de Moscou, ayant notamment servi de base de lancement pour l’offensive russe en Ukraine en 2022.
Sur le plan diplomatique, la trajectoire de ces deux pays croise également les initiatives de Washington. Le président américain Donald Trump a récemment cherché à tisser des liens avec la Biélorussie au cours de son second mandat, en allégeant certaines sanctions et en l’accueillant au sein de son « Conseil de la paix » (Board of Peace). Des spéculations entourent par ailleurs une éventuelle nouvelle rencontre entre le président américain et Kim Jong Un, en marge du voyage retardé que Donald Trump doit effectuer en Chine le mois prochain.
En parallèle de ces tractations internationales, Minsk a procédé à la libération de dizaines de détenus ces derniers mois, dont 250 au début du mois, en grande partie sous l’impulsion des efforts américains. Les prisons biélorusses maintiennent cependant en détention des centaines de prisonniers politiques, arrêtés pour la plupart à la suite de l’élection présidentielle de 2020, un scrutin considéré comme frauduleux par l’opposition locale.
