Dakar, 25 mars(SL-INFO) – Le territoire irakien se retrouve de plus en plus aspiré dans les tensions régionales opposant les États-Unis, Israël et l’Iran. Depuis plusieurs jours, la province d’Anbar, située dans l’ouest du pays, est le théâtre d’offensives aériennes répétées visant des installations sécuritaires. Ces bombardements successifs ont poussé les autorités de Bagdad à réévaluer leur posture diplomatique et militaire face à une situation qui se détériore rapidement.

Mercredi, une nouvelle attaque aérienne a frappé la base de Habbaniyah. Selon le ministère irakien de la Défense, ces frappes ont ciblé une clinique de santé militaire située à l’intérieur de l’enceinte, causant la mort de sept combattants et faisant treize blessés. Le ministère a fermement condamné cette opération, la qualifiant de « crime odieux » commis en violation des lois et normes internationales.

La chaîne Al Jazeera, citant une source policière irakienne, précise que l’offensive visait des positions des Forces de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), une coalition paramilitaire intégrant des brigades proches de l’Iran. L’élément marquant de cette frappe réside dans le fait qu’elle a touché simultanément ces unités paramilitaires et des membres de l’armée régulière irakienne partageant la même base. Il s’agirait de la première fois qu’une telle frappe conjointe est observée.

Cet incident survient au lendemain d’un raid similaire sur cette même installation. L’attaque de mardi, imputée aux États-Unis par les Forces de mobilisation populaire, avait déjà coûté la vie à quinze combattants, dont un commandant. Ce bilan en fait la journée la plus meurtrière en Irak depuis le début du conflit régional ouvert le 28 février.

Face à cette succession d’événements, le gouvernement du Premier ministre Mohammed Chia al-Soudani a pris des mesures immédiates. Ses services ont annoncé la convocation imminente des ambassadeurs américain et iranien à Bagdad. Sur le plan opérationnel, l’État irakien a réaffirmé mercredi sa décision d’accorder aux Forces de mobilisation populaire un « droit de riposte » à toute agression. Le ministère de la Défense a de son côté souligné qu’il se réservait le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans les cadres légaux établis.

Depuis le déclenchement des hostilités régionales, les groupes armés pro-iraniens revendiquent régulièrement des attaques contre les intérêts américains en Irak. En retour, le département de la Défense des États-Unis a reconnu l’utilisation d’hélicoptères de combat pour mener des frappes contre ces factions sur le sol irakien, transformant progressivement le pays en un champ de bataille direct entre ces différents acteurs.

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