Dakar, 31 mars(SL-INFO)– La stratégie militaire de Kiev franchit un nouveau cap dans le ciblage des infrastructures russes. Depuis la fin du mois de mars, une série d’offensives aériennes se concentre sur les installations de la mer Baltique, entraînant des répercussions directes sur les marchés mondiaux et réduisant les capacités d’exportation de Moscou.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, des drones ukrainiens ont frappé le port russe d’Oust-Louga pour la cinquième fois en l’espace de dix jours. Les autorités régionales, par la voix du gouverneur Alexandre Drozdenko, ont confirmé que ces attaques nocturnes ont fait trois blessés, dont deux enfants, et endommagé plusieurs bâtiments. Les frappes, recensées précisément les 22, 25, 27, 29 et 31 mars, ont contraint les responsables à suspendre les opérations d’exportation sur ce vaste complexe situé sur le golfe de Finlande.

Les conséquences de ce pilonnage dépassent le cadre local. Oust-Louga traite habituellement environ 700 000 barils de brut par jour et a exporté près de 32,9 millions de tonnes de produits pétroliers l’année dernière. D’après les données compilées par Reuters et citées par le média qatari, au moins 40 % de la capacité d’exportation pétrolière de la Russie est actuellement à l’arrêt. Cette paralysie résulte de la combinaison des attaques de drones, d’une frappe contestée sur un oléoduc majeur et de la saisie de pétroliers. Sur les marchés internationaux, le baril de Brent a franchi la barre des 116 dollars, stimulé par ces blocages et par l’escalade des tensions au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran.

Sur le terrain strictly militaire, la défense antiaérienne ukrainienne a annoncé avoir intercepté 267 des 289 drones russes lancés au cours de la dernière nuit. En parallèle, le ministère russe de la Défense a revendiqué la prise de contrôle du village de Mala Korchakivka, situé dans la région ukrainienne de Soumy.

L’attention diplomatique reste également focalisée sur Kiev, où la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, et plusieurs ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont rendus pour marquer le quatrième anniversaire du massacre de Boutcha, où plus de 400 civils ont perdu la vie selon les autorités ukrainiennes.

Toutefois, le soutien financier européen se heurte à des obstacles internes majeurs. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban maintient son veto sur un prêt de 90 milliards d’euros (près de 59 000 milliards de francs CFA) destiné à l’Ukraine, en raison d’un différend lié au transit de pétrole russe via l’oléoduc Droujba. Budapest bloque par ailleurs l’avancée des pourparlers sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Face à ces blocages et au risque de voir les ressources militaires occidentales détournées par le conflit au Moyen-Orient, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a exhorté ses partenaires à maintenir leur concentration sur la ligne de front européenne.

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