Dakar, 31 mars(SL-INFO)– L’enseignant-chercheur à l’université Assane Seck de Ziguinchor, le docteur Mohamed Lamine Manga, par ailleurs secrétaire général national des Sociaux-Démocrates du Sénégal (SDS), exprime son inquiétude face à la crise éducative qui traverse le pays, en particulier dans l’université publique.

« Le milieu académique au Sénégal est traversé par une crise qui apparaît aujourd’hui, mais qui s’est complexifiée. C’est comme si c’est une habitude que chaque régime fasse des victimes », a-t-il regretté.
De l’avis du Dr Manga, les étudiants doivent être protégés : « Ceux qui pensent que les étudiants sont manipulables, ils ne connaissent pas le milieu étudiant. Nous avons été des étudiants du gouvernement étudiant. Aujourd’hui, nous pensons que c’est une fuite en avant que de mettre toute la responsabilité de la crise universitaire sur les étudiants. »
Les universités traversent d’énormes problèmes, a poursuivi le secrétaire général national des SDS. Entre sureffectifs, manque d’infrastructures et promiscuité, il préconise des alternatives.

« Il y a des problèmes qui sont là, tels que les sureffectifs. Aujourd’hui, c’est comme si toute personne qui réussit au bac doit rester à l’université. Le deuxième problème, c’est que nous avons un manque d’infrastructures. Les universités sont mal équipées. Il y a aussi cette promiscuité dans les universités sénégalaises. À Assane Seck, par exemple, en l’espace de quelques années, on est passé de 4 000 à 8 000 étudiants. Ça pose problème », s’inquiète le Dr Mohamed Lamine Manga.
Il a également dénoncé avec la dernière énergie les morts enregistrés au sein des universités, dont la dernière victime est Abdoulaye Ba : « La mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, c’est quelque chose de regrettable. Quand on était à l’université, on a commémoré la mort de l’étudiant Balla Gaye. Avant lui, il y a eu d’autres étudiants qui ont été tués. Nous avons entendu parler de ce fils de Ziguinchor qui a, si je ne me trompe pas, eu son bac en 1979. Il a été tué dans son lit par une grenade qui est tombée sur sa poitrine dans les années 79. Chaque régime fait ses victimes et il est temps que les pouvoirs publics comprennent qu’ils ne peuvent pas se mettre à dos l’avenir de ce pays. » Car les jeunes sont l’avenir de ce pays. Il faut les protéger, selon le secrétaire général national des SDS.

Comme solution, il est d’avis qu’il faut orienter les étudiants vers d’autres filières, notamment la formation professionnelle. « Tout le monde ne peut pas être fonctionnaire, être dans les bureaux. La Fonction publique grève pour beaucoup le budget de l’État. Il faut orienter la jeunesse vers d’autres secteurs plus productifs.
Sinon, notre économie continuera à être extravertie parce qu’on ne produit pas. Et un État qui a une économie qui ne produit pas est un État qui dépend de l’extérieur », est convaincu le Dr Manga.
