Dakar , 02 avril (SL-INFO) – La Libye, sous le coup d’un embargo sur les armes imposé par les Nations Unies depuis 2011, est le théâtre de nouveaux mouvements militaires. Des observations récentes menées dans la partie orientale du pays indiquent une potentielle violation de cette restriction internationale par les forces locales.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, s’appuyant sur des données de l’agence Reuters, des images satellites commerciales ont révélé la présence de drones de combat sur la base aérienne désertique d’Al Khadim, située à une centaine de kilomètres à l’est de Benghazi. Cette installation est sous le contrôle de l’Armée nationale libyenne (ANL) dirigée par Khalifa Haftar.
L’analyse de ces clichés, capturés entre avril et décembre de l’année dernière, a permis à des experts en armement d’identifier au moins trois appareils. L’un d’eux correspondrait à un Feilong-1 (FL-1) de fabrication chinoise, un drone avancé de surveillance et d’attaque. Les deux autres présentent des caractéristiques similaires aux drones turcs Bayraktar TB2. Des équipements de contrôle au sol, dotés de doubles antennes distinctives, étaient encore visibles sur le site au début de cette année.
L’introduction de ce matériel de pointe représente un atout stratégique pour Khalifa Haftar. Selon Anas El Gomati, directeur de l’Institut Sadeq, ce déploiement consolide l’emprise du chef militaire sur l’Est et une grande partie du Sud du pays, incluant des champs pétroliers majeurs. Il renforce également sa position dans les négociations face au gouvernement de Tripoli, dirigé par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah.
Cependant, un élément technique intrigue les observateurs. L’ANL n’est pas réputée pour disposer de l’expertise nécessaire au pilotage de ces systèmes complexes. L’identité des opérateurs de ces drones n’a pas pu être établie de manière indépendante. Les autorités de l’Est libyen, le gouvernement de Tripoli, ainsi que les pays fabricants n’ont fourni aucune précision sur la provenance de ces équipements ni sur d’éventuelles dérogations à l’embargo de l’ONU.
