Dakar , 03 avril (SL-INFO) – La navigation commerciale reprend timidement dans l’une des zones maritimes les plus surveillées au monde. Alors que Téhéran a verrouillé l’accès au détroit d’Ormuz en réponse aux récentes escalades militaires au Moyen-Orient, les données de suivi maritime indiquent qu’un porte-conteneurs a réussi à traverser ce couloir stratégique.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le navire CMA CGM KRIBI a franchi le détroit ce jeudi. Vendredi, à 08h00 UTC, il se trouvait dans le golfe d’Oman. Ce porte-conteneurs de 255 mètres de long et 37,3 mètres de large, battant pavillon maltais, appartient à la compagnie française CMA CGM. Il avait quitté le port de Ghantoot, aux Émirats arabes unis, le 28 mars 2026. Il s’agit du premier passage d’un navire de commerce sous contrôle français depuis le début de la crise régionale.
Cette traversée intervient malgré l’ultimatum posé par les autorités iraniennes. Le 2 mars dernier, le général de brigade Ebrahim Jabbari, conseiller du commandant en chef des Gardiens de la révolution, avait formellement interdit le transit par le détroit d’Ormuz, avertissant que tout navire s’y aventurant serait pris pour cible. Cette mesure de fermeture faisait suite à l’offensive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, une série de frappes ayant causé plus de 200 morts à travers le pays.
Sur le plan diplomatique, le passage de ce navire sous contrôle français s’inscrit dans un rapport de force complexe aux Nations Unies. Depuis dix jours, Bahreïn porte un projet de résolution au Conseil de sécurité visant à autoriser l’usage de la force pour libérer le détroit. Si ce texte bénéficie du soutien de Washington, il se heurte aux objections de la Russie, de la Chine et de la France.
Le détroit d’Ormuz demeure un point de passage névralgique par lequel transite environ un quart du commerce pétrolier mondial. Les déclarations iraniennes concernant sa fermeture ont immédiatement provoqué de vives turbulences sur les marchés financiers et ravivé les craintes sur l’approvisionnement énergétique mondial.
