Dakar, 13 avril(SL-INFO)- L’annonce d’une restriction navale ciblée par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz redessine les perspectives du commerce maritime international. Alors que le commandement militaire américain précise les contours de cette opération visant l’Iran, les spécialistes alertent sur une onde de choc imminente pour l’économie mondiale.

Le président américain Donald Trump a déclaré sur le réseau Truth Social que la marine des États-Unis intercepterait tout navire naviguant dans les eaux internationales ayant payé un droit de passage à l’Iran, accusant Téhéran d’extorsion. Le Commandement central américain a par la suite circonscrit cette directive, précisant dans un communiqué que le blocus s’appliquerait uniquement aux navires entrant et sortant des ports iraniens.

Cette décision suscite de vives inquiétudes sur les marchés énergétiques mondiaux. Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, le prix du baril de pétrole a déjà franchi la barre des 100 dollars ce lundi. Trita Parsi, cofondateur du Quincy Institute for Responsible Statecraft, prévient que le baril pourrait dépasser les 150 dollars si cette mesure entraîne des représailles des rebelles houthis du Yémen. Ces derniers auraient la capacité de fermer le détroit de Bab al-Mandeb, une route d’exportation alternative cruciale pour les hydrocarbures du Golfe.

Cette stratégie de Washington marque une rupture par rapport au mois précédent, où l’administration Trump avait suspendu certaines sanctions sur les exportations de pétrole iranien pour tenter d’atténuer la crise énergétique. La logistique maritime régionale est déjà sous forte tension : depuis le début du conflit israélo-américain le 28 février, l’Iran a drastiquement restreint l’accès au détroit d’Ormuz. Selon la société de renseignement maritime Windward, environ 3 200 navires étaient immobilisés à l’ouest du passage en fin de semaine dernière.

Les répercussions de ce blocus s’étendront bien au-delà du seul secteur des hydrocarbures. Anas Alhajji, ancien économiste en chef chez NGP Energy Capital Management, indique à Al Jazeera que les navires non iraniens éviteront probablement la zone en raison de l’explosion des primes d’assurance et de la crainte d’arraisonnements. Cette paralysie logistique impactera directement les coûts des produits chimiques, des engrais et des matières premières utilisées pour le plastique. Deborah Elms, directrice de la politique commerciale à la Hinrich Foundation, souligne que les chaînes d’approvisionnement subiront des perturbations structurelles, affectant à court terme le prix des tissus, des emballages de biens de consommation et, d’ici la fin de l’année, l’ensemble de la production alimentaire mondiale.

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