Dakar, 30 avril (SL-INFO) – Le tribunal des flagrants délits de Thiès a rendu son verdict dans l’affaire de vol de ferraille au préjudice de la société CIMAF, impliquant le ferrailleur S.F. Fall et M. Ndiaye, agent au sein de cette industrie. Ne disposant pas de suffisamment d’éléments pour entrer en voie de condamnation, le juge a prononcé la relaxe des prévenus au bénéfice du doute et a débouté la partie civile de l’ensemble de ses demandes.

L’affaire a été jugée le vendredi 24 avril 2026. Selon les éléments de l’enquête, S.F. Fall était soupçonné d’avoir procédé au chargement frauduleux de plusieurs tonnes de ferraille sur le site de la société, avec la complicité présumée de M. Ndiaye, agent du pont-bascule. Les faits reprochés reposaient notamment sur l’émission d’un bon de sortie initialement erroné, mentionnant du bois au lieu de la ferraille, avant une correction ultérieure par l’agent concerné. Cette situation avait suscité des soupçons au sein de la direction, qui affirmait avoir constaté des irrégularités similaires par le passé. Saisie, la gendarmerie avait procédé à l’arrestation des deux hommes, placés ensuite en liberté provisoire en attendant leur comparution.

À la barre, les deux prévenus ont fermement contesté les faits. Le ferrailleur S.F. Fall a affirmé avoir régulièrement acheté la ferraille et versé à la comptabilité de la CIMAF une somme correspondant aux 19,5 tonnes enregistrées lors du pesage. Il a soutenu que l’erreur sur le bon de sortie incombait exclusivement à l’agent du pont-bascule et qu’il n’y avait pas prêté attention sur le moment.

De son côté, M. Ndiaye a reconnu une confusion sur la nature du chargement, expliquant avoir initialement cru qu’il s’agissait de bois avant de rectifier le document une fois informé. Il a également souligné qu’il n’avait pas été avisé à l’avance par sa hiérarchie de la nature exacte du chargement et qu’un autre agent de la société était présent lors de l’opération.

La défense a plaidé qu’aucune infraction de vol ou de complicité n’était constituée, pointant plutôt un dysfonctionnement interne dans l’organisation de la CIMAF. Les avocats ont insisté sur le fait que la quantité de ferraille trouvée dans le camion correspondait au montant versé à la comptabilité par S.F. Fall. Pour sa part, l’avocat de la partie civile a maintenu que les faits étaient volontaires et bien établis, réclamant 90 millions FCFA à titre de réparation. Le procureur de la République avait, quant à lui, requis une peine de trois mois de prison avec sursis. En rendant sa décision de relaxe, le tribunal a finalement estimé que la preuve d’une intention délictueuse n’était pas rapportée.

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