Dakar, 30 avril (SL-INFO) – La crise sécuritaire au Mali s’est brusquement aggravée depuis samedi, après des attaques coordonnées menées contre plusieurs bases militaires dans différentes villes du pays. Le nord malien est de nouveau au centre des affrontements, tandis que la situation a aussi touché des zones où résident de hauts responsables de l’État.
D’après Al Jazeera, un groupe armé lié à al-Qaïda, agissant avec des séparatistes, a attaqué plusieurs positions de l’armée et pris le contrôle de la ville de Kidal, dans le nord. Le gouvernement malien a également annoncé dimanche la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, et de membres de sa famille à leur domicile de Kati, ville-garnison proche de Bamako. Des groupes armés ont en outre déclaré assiéger la capitale.
Selon les éléments rapportés, plusieurs acteurs armés occupent désormais une place centrale dans cette crise. Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à al-Qaïda, contrôle de larges portions de territoires ruraux, en particulier dans le nord et le centre du pays, et dispose de cellules actives autour de Bamako. De son côté, l’affilié de l’organisation État islamique au Sahel, désigné sous le nom de ISSP, contrôle des zones du nord-est autour de Menaka.
Un autre acteur cité est le Front de libération de l’Azawad (FLA), groupe séparatiste touareg qui réclame un État indépendant appelé Azawad dans le nord du Mali. Comme l’indique Al Jazeera, ce mouvement, formé en 2024 après la fusion de groupes antérieurs, contrôle actuellement Kidal avec le JNIM. Le FLA vise aussi Gao, la plus grande ville du nord, ainsi que Menaka et Tombouctou, afin d’achever le territoire de cet État autoproclamé.
Le média précise que ces groupes armés peuvent parfois coopérer, opérant dans les mêmes zones et recrutant au sein de communautés touchées par les conflits. Samedi, le JNIM a ainsi combattu aux côtés du FLA contre l’armée malienne. En parallèle, des mercenaires russes appuient les forces maliennes depuis 2021. Ils avaient été déployés initialement sous le nom de groupe Wagner, avant d’être intégrés au ministère russe de la Défense sous l’appellation Africa Corps après la mort de Yevgeny Prigozhin en 2023.
Leur présence reste importante au Mali, avec environ 2.000 combattants russes dans le pays, tandis qu’environ 400 autres sont signalés au Niger et au Burkina Faso voisins, également dirigés par des autorités militaires. Les commandants de terrain de ce dispositif restent peu connus, selon les informations disponibles. La rébellion touarègue, elle, s’inscrit dans une histoire plus ancienne, avec plusieurs vagues d’insurrection depuis les années 1960, les années 1990 et 2012.
