Dakar, 11 Mai (SL-INFO) – « State of the Health Workforce in Africa 2026 », un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), révèle une dynamique contrastée pour l’Afrique de l’Ouest : si la sous-région affiche un taux de satisfaction des besoins de santé de 51 % dépassant les moyennes de l’Afrique de l’Est (34 %) et Centrale (33 %), elle concentre néanmoins la part la plus importante de la pénurie de personnel à court terme.
Avec une densité régionale passée de 22 à 24 professionnels pour 10 000 habitants entre 2022 et 2024, le rapport souligne que le progrès est réel mais fragile, masquant des disparités nationales béantes.
Le Sénégal et le Ghana se distinguent par des hausses notables de la densité de leurs agents de santé communautaires (respectivement 27,9 et 11,7 pour 10 000 habitants en 2024), tandis que le Mali et le Niger luttent avec des ratios quasi nuls pour cette catégorie spécifique.
Malgré une capacité de formation en pleine expansion, l’Afrique de l’Ouest diplômant à elle seule 12 488 médecins généralistes par an, soit le chiffre le plus élevé du continent le marché du travail peine à absorber ces nouveaux talents.
Le paradoxe est frappant : environ 30 % des professionnels qualifiés restent au chômage ou sous-employés, faute de moyens budgétaires pour les recruter dans le secteur public.
Pour combler ce fossé et répondre aux besoins d’ici 2030, le rapport a suggéré qu’une augmentation de 43 % de la masse salariale publique est jugée nécessaire.
Sans une réforme systémique de l’emploi et de la rétention, le rapport avertit que la pénurie africaine, actuellement de 5,85 millions de travailleurs, pourrait rebondir au-delà des 6 millions d’ici 2035 sous la pression démographique.
