Dakar, 18 Mai (SL-INFO) – À Thiès, dans les marchés comme dans les foyers, une même interrogation s’impose : « comment célébrer dignement cette fête religieuse dans un contexte de vie chère généralisée ? » À quelques jours de la Tabaski, la capitale du rail, à l’image du reste du pays, traverse une période marquée par de fortes tensions économiques et sociales, avec une pression insoutenable.

Pour nombre de responsables de familles, «‎ la flambée des prix s’explique en grande partie par un déséquilibre structurel de la filière de l’élevage. Les éleveurs font face à des coûts de production élevés, notamment pour l’aliment de bétail, le transport et l’entretien, sans un accompagnement public suffisant ». Par ailleurs, de considérer que « les difficultés économiques au Mali, principal fournisseur de moutons du Sénégal durant cette période, risquent d’aggraver davantage les tensions sur le marché national. »

Le président du mouvement « Thiès D’abord », Habib Vitin, lui, d’exprimer ses vives préoccupations et d’interpeller l’État face à « la dégradation continue des conditions de vie des populations, particulièrement dans la région de Thiès ». Il constate que « dans de nombreux quartiers, les ménages peinent à faire face aux dépenses essentielles du quotidien : alimentation, transport, santé et éducation, dans un contexte où les prix des moutons atteignent des niveaux difficilement soutenables, dépassant les 150 000 francs CFA. »

Cette situation, dit-il, rend de plus en plus inaccessible le sacrifice religieux pour une grande partie des citoyens. ‎À cette pression économique, il ajoute une « situation sécuritaire préoccupante, marquée par une recrudescence des vols, du banditisme et du vol de bétail dans plusieurs localités. Éleveurs et populations vivent désormais dans un climat d’inquiétude permanente à l’approche de la fête ».

Le président de « Thiès d’Abord » regrette également « l’insuffisance de réponses des autorités locales face à ces défis, alors même que les collectivités territoriales devraient jouer un rôle plus actif dans l’accompagnement social des populations. » ‎Face à cette situation, il pense que « le silence et l’inaction ne sont plus acceptables. »

Aussi d’appeller les autorités étatiques à prendre des mesures urgentes et concrètes, notamment : « ‎le renforcement de la sécurité dans les zones d’élevage et les points de vente ; ‎le soutien effectif aux éleveurs (baisse du coût de l’aliment de bétail) ; ‎l’encadrement des prix afin de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs » entre autres.

‎Pour Habib Vitin, « la Tabaski ne doit pas devenir le symbole d’une fracture sociale où le droit de célébrer serait réservé aux ménages les plus aisés. Le Sénégal fait face à une épreuve sociale majeure. Les populations attendent des réponses concrètes, rapides et à la hauteur des défis ».

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