Dakar, 21 Mai (SL-INFO) – À l’approche de la Tabaski, la quête du mouton idéal devient une priorité dans de nombreux foyers sénégalais. Entre les marchés improvisés, les enclos bondés et les prix qui flambent, beaucoup de familles se concentrent surtout sur le gabarit ou le coût de l’animal. Pourtant, pour les spécialistes, le plus important reste l’état de santé de la bête destinée à être abattue et consommée.
Selon le vétérinaire Médoune Badiane, du ministère de l’Élevage et des Productions animales, le mouton choisi pour le sacrifice doit répondre à plusieurs critères essentiels. « Il ne doit pas être maigre, ni malade. Il doit être bien portant, avoir au moins un an et ne présenter aucune boiterie manifeste », explique-t-il. Les oreilles et les membres de l’animal ne doivent pas non plus être mutilés.
Avant tout achat, les vétérinaires recommandent une observation attentive de l’animal. La Dre Farah Kesri, vétérinaire et éthologue, conseille d’abord de regarder le mouton de loin. « Il faut observer sa démarche, voir comment il se tient sur ses quatre pattes et s’assurer qu’il est bien sur ses aplombs », indique-t-elle. La démarche de l’animal peut en effet révéler certaines maladies.
Un mouton qui boite peut souffrir de la fièvre aphteuse, une maladie virale contagieuse qui diminue fortement la valeur de l’animal. Un mouton qui titube ou tourne en rond peut être atteint de listériose, une infection bactérienne transmissible à l’homme et particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes. Les vétérinaires invitent également à se méfier des animaux présentant des écoulements nasaux ou des éternuements fréquents, signes possibles d’infections parasitaires.
Après l’observation, place à l’examen physique. Les spécialistes recommandent de palper les côtes de l’animal pour vérifier son état corporel. Si les côtes sont trop visibles, le mouton est probablement chétif ou malade. À l’inverse, un animal excessivement gras n’est pas forcément un bon choix pour la consommation.
L’âge du mouton constitue également un critère déterminant. Pour le connaître, il faut examiner la dentition. « Les petites dents indiquent un animal de moins d’un an. Lorsque les deux premières incisives apparaissent, cela signifie qu’il a atteint un an », précise la Dre Kesri. Les spécialistes estiment qu’un mouton ni trop jeune ni trop vieux offre une viande plus tendre et de meilleure qualité.
Pour les professionnels de la santé animale et humaine, réussir sa Tabaski ne consiste pas seulement à acheter un gros mouton, mais surtout à choisir un animal sain et à adopter une consommation équilibrée afin de préserver la santé de toute la famille.
