Dakar, 29 juin (SL-INFO) –Dans le cadre de la séance plénière consacrée à l’examen du projet de révision de la Constitution en cours ce lundi, Abdou Mbow, député du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a vivement contesté la procédure engagée pour modifier la loi fondamentale. Dans un appel au règlement, le parlementaire a estimé que l’Assemblée nationale était confrontée à « un moment d’une portée exceptionnelle dans l’histoire politique et institutionnelle » du Sénégal. Selon lui, la réforme soumise aux députés est susceptible de modifier profondément l’équilibre des institutions et de transformer l’architecture du régime politique sénégalais. « Au-delà des discussions techniques qui nous sont soumises, c’est l’architecture même de notre régime politique qui est en débat », a-t-il déclaré devant l’hémicycle.
Le député de Takku Wallu Sénégal a rappelé que depuis la réforme constitutionnelle de 1963, approuvée par référendum, les évolutions majeures des institutions sénégalaises ont toujours été fondées sur le principe de la consultation populaire lorsque les fondements du pacte institutionnel sont en jeu. Il a notamment évoqué les précédents de 2001 et de 2016. Selon Abdou Mbow, les changements envisagés entraîneraient un déplacement du centre de gravité des institutions en transférant une partie importante de l’autorité politique issue de l’élection présidentielle vers une majorité parlementaire. Une évolution qu’il juge suffisamment importante pour être soumise directement à l’appréciation du peuple sénégalais. « Une décision d’une telle portée ne peut être prise sans que le peuple sénégalais soit directement consulté », a-t-il soutenu, plaidant ainsi pour l’organisation d’un référendum.
Le parlementaire a également appelé ses collègues à faire preuve de responsabilité, de sens de l’État, de lucidité et de patriotisme, estimant que les décisions prises lors de cette séance auront des répercussions bien au-delà de la législature actuelle. La fin de son intervention a été marquée par une montée de tension. Demandant qu’« il n’y ait pas lieu à délibérer », Abdou Mbow a vivement critiqué la majorité parlementaire, l’accusant de ne pas respecter les principes démocratiques et allant jusqu’à la qualifier de « fasciste ».
