Dakar, 18 août (SL-INFO) – ​S’exprimant au nom de la République du Sénégal lors de la Global Smart Education Conference 2026, organisée ce 18 août à la Beijing Normal University, le Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, Idrissa Samb, a livré une feuille de route claire sur l’intégration des technologies émergentes dans l’enseignement. Face aux représentants de l’UNESCO et aux universitaires internationaux, le ministre a d’emblée posé les termes du débat : « La véritable question, aujourd’hui, est de savoir dans quel but, selon quelles règles et au bénéfice de qui nous voulons l’utiliser ».

​Pour le ministre Idrissa Samb et les autorités sénégalaises, le choix stratégique rejette toute fascination aveugle pour la technologie. Il a ainsi martelé la position de Dakar : « L’intelligence artificielle doit contribuer à une éducation plus équitable, de meilleure qualité et plus résiliente. Elle ne doit ni remplacer l’enseignant, ni reproduire les inégalités, ni créer de nouvelles dépendances ». Cette vision prend un relief particulier dans le sous-secteur de la formation professionnelle, où le diagnostic initial révèle que seuls 5 % des établissements bénéficient d’une connectivité Internet jugée adéquate et 6 % sont raccordés à l’intranet gouvernemental.

​Afin de résorber ces fractures dans un pays où trois résidents sur quatre ont moins de 35 ans, Idrissa Samb a rappelé que son département déploie le projet « Smart E-Jokkoo » en partenariat avec le géant Huawei. Cette initiative s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2025-2029 et le New Deal technologique, avec pour objectif de bâtir un écosystème global articulant réseaux fiables, apprentissage assisté par l’IA et accompagnement des formateurs. Le ministre a d’ailleurs souligné qu’à ce jour, plus de 8 000 établissements accèdent aux nouveaux usages numériques et plus d’une centaine d’enseignants ont déjà été formés.

​Devant l’assemblée internationale, Idrissa Samb a articulé l’action du gouvernement sénégalais autour de trois exigences fondamentales : la durabilité sociale, l’indépendance institutionnelle et la sobriété environnementale. Mettant en garde contre la gestion opaque des algorithmes et l’empreinte écologique des serveurs, le ministre a conclu sur le sens profond de cet engagement collectif : « L’avenir de l’éducation ne sera pas durable parce qu’il sera simplement plus numérique. Il le sera si le numérique sert un projet humain, inclusif et souverain ».

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