Dakar, 12 Mai (SL-INFO) – Le chômage des jeunes demeure l’un des plus grands défis auxquels fait face l’Afrique de l’Ouest. Dans son rapport publié la semaine dernière, le Centre ouest-africain d’analyse des politiques publiques (COAPP) a alerté sur cette situation marquée par une forte croissance démographique et une urbanisation rapide que les systèmes éducatifs et de formation professionnelle peinent à suivre.
Selon le document, des milliers de jeunes diplômés se retrouvent sans emploi ou sont cantonnés à des emplois informels, non rémunérés ou précaires. Surtout dans l’enseignement supérieur, l’insuffisance de débouchés professionnels nourrit frustration et sentiment d’abandon.
Le rapport souligne que cette désillusion est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte de montée de l’extrémisme violent dans certaines zones. « Une jeunesse désœuvrée et marginalisée devient plus vulnérable au recrutement par des groupes extrémistes », avertit le COAPP.
Le document rapporte que le décalage entre les compétences acquises à l’école et les besoins réels du marché du travail constitue un autre problème majeur. Les formations, y compris en entrepreneuriat, restent trop théoriques et manquent d’une approche pratique. Résultat : de nombreux jeunes entrepreneurs échouent, faute de connaissances en gestion d’entreprise, marketing ou accès au financement.
Le COAPP a également indiqué la faible collaboration entre les établissements de formation et les entreprises ; le manque de stages et de programmes d’apprentissage prive les jeunes d’une expérience directement applicable sur le terrain.
Selon le document, les estimations régionales du taux de chômage moyen sont estimées entre 10 et 12 %. Cependant, la situation est beaucoup plus critique chez les jeunes où le chômage atteint souvent 30 à 40 % dans certains pays. Des chiffres qui varient en fonction des crises économiques, des investissements en infrastructures et des réformes politiques.
Pour le COAPP, sans une réforme profonde des systèmes de formation et un rapprochement avec le secteur privé, le risque est de voir une génération entière marginalisée, avec des conséquences économiques et sécuritaires durables pour la sous-région.
